Les autorités de Casablanca ont accéléré les travaux de démolition des immeubles menaçant de s’effondrer dans l’ancienne médina, afin de libérer l’espace nécessaire pour le lancement du tant espéré projet de l’Avenue Royale. Ce projet colossal, longtemps resté en suspens depuis la fin des années 80, vise à relier le front de mer, près de la Mosquée Hassan II, au centre névralgique de la ville. Dans un ballet de bulldozers et de marteaux-piqueurs, les derniers vestiges de ces édifices vétustes tombent pour laisser place à une artère moderne, symbole du renouveau urbanistique de Casablanca.
Malgré la lenteur initiale des opérations, due à la complexité des procédures et à l’implication de nombreux acteurs, plus de 1.730 bâtisses en ruine ont été recensées sur le tracé de la future avenue. Le processus de leur évacuation avait démarré à un rythme modéré, mais s’est récemment accéléré. Sur le chantier, le mercredi 18 septembre 2024, les équipes de démolition s’affairaient à quelques pas de la Mosquée Hassan II, s’attaquant aux immeubles dont les occupants avaient été avisés d’évacuer les lieux depuis plusieurs mois.
Selon les autorités, le coût pour les bénéficiaires varie : 70.000 dirhams pour ceux recensés en 1989, et 100.000 dirhams pour ceux identifiés après cette date. Une source officielle a indiqué que 80% des dossiers de relogement et de compensation sont désormais prêts, ouvrant ainsi la voie à une transformation radicale de cette partie historique de Casablanca, où l’ancien et le moderne se croisent pour redessiner le visage de la ville blanche.
Le projet de l’Avenue Royale à Casablanca est une initiative ambitieuse visant à transformer une partie importante de la ville, reliant le bord de mer près de la Mosquée Hassan II au centre-ville. Voici un aperçu des différentes étapes et des raisons pour lesquelles ce projet a pris du temps à voir le jour :
Chronologie du projet de l’Avenue Royale
1. 1980 : Le projet de l’Avenue Royale a été envisagé pour la première fois à la fin des années 80. L’idée était de moderniser et de réaménager cette zone pour améliorer l’accès entre la mer et le centre urbain.
2. 1990 : À cette époque, des études préliminaires ont été réalisées pour évaluer la faisabilité du projet, mais peu d’avancées concrètes ont été faites.
3. 2003-2005 : Le projet est relancé avec de nouveaux plans de réaménagement, mais il rencontre des obstacles administratifs et des préoccupations liées à l’urbanisme et à l’environnement.
4. 2010 : Une étude détaillée est effectuée, incluant des évaluations de l’impact social et économique du projet, mais les résultats n’ont pas été suivis d’actions immédiates.
5. 2017 : Le projet est de nouveau à l’ordre du jour avec l’annonce d’une intention de procéder à des travaux de démolition dans l’ancienne médina pour libérer l’espace nécessaire à la construction de l’Avenue Royale.
6. 2020 : Les autorités locales annoncent un plan détaillé pour la démolition des bâtiments menaçant ruine qui se trouvent sur le tracé de l’Avenue Royale. Ce processus de démolition a débuté lentement, en raison de la complexité des dossiers de relogement des habitants.
7. 2023 : Un programme de relogement a été mis en place pour les résidents évacués, mais de nombreux habitants continuent de tirer parti des propriétés à démolir, ce qui complique encore plus la situation.
Les défis qui ont retardé l’émergence de l’Avenue Royale à Casablanca
Le projet de l’Avenue Royale, bien qu’idéalisé depuis plusieurs décennies, a fait face à une série de retards dus à des défis complexes. La coordination entre les différents acteurs impliqués, tels que le gouvernement, les autorités locales et les résidents, a souvent engendré des complications administratives. De plus, la nécessité de reloger les habitants a ajouté une couche de complexité, avec des demandes de dédommagement et des procédures légales qui s’éternisent.
Les préoccupations des citoyens, relatives à la préservation de leurs droits et à la qualité de vie dans les nouvelles habitations, ont également freiné l’avancement des travaux. En outre, des problèmes de financement ont souvent ralenti la progression du projet, nécessitant des révisions constantes des budgets et des plans initiaux. Néanmoins, les autorités semblent aujourd’hui déterminées à surmonter ces obstacles pour faire émerger ce projet emblématique, qui promet de redéfinir le paysage urbain de Casablanca.