Faut-il récompenser les enfants lorsqu’ils participent aux tâches du quotidien ? La question divise souvent les parents, mais une étude britannique montre que de plus en plus de familles choisissent de faire de l’argent de poche un véritable outil d’apprentissage. Les enfants qui assument certaines responsabilités à la maison gagnent non seulement un peu plus d’argent, mais développent aussi des réflexes d’épargne et une meilleure compréhension de la valeur de l’effort.
C’est ce que révèle le Pocket Money Index 2026, publié par NatWest Rooster Money. Basée sur les habitudes financières de plus de 500 000 utilisateurs de sa carte prépayée et de son application, l’étude montre qu’un enfant âgé de 6 à 17 ans reçoit désormais en moyenne 9,74 livres sterling par semaine, contre 9,13 livres l’an dernier. Sur une année, cela représente un revenu moyen de 506,48 livres, en hausse de 6,7 %.
L’étude met également en évidence que près d’un enfant sur trois ne reçoit son argent de poche qu’en échange de tâches ménagères. Une manière pour les familles d’associer rémunération et responsabilités plutôt que de verser une somme fixe sans contrepartie.
Toutes les corvées ne se valent toutefois pas. Pour la troisième année consécutive, la tonte de la pelouse reste l’activité la plus lucrative avec une rémunération moyenne de 3,52 livres par intervention. Viennent ensuite le lavage de voiture (3,36 livres), le nettoyage des vitres (1,65 livre) et les travaux de jardinage (1,38 livre). À l’opposé, faire son lit, pourtant l’une des tâches les plus courantes, rapporte à peine 28 pence, soit plus de dix fois moins que la tonte du gazon.
Les animaux de compagnie permettent également aux enfants de compléter leur argent de poche. Promener un chien rapporte en moyenne 1,15 livre, un montant en progression de 11 % par rapport à l’année précédente. Ramasser les déjections canines est rémunéré 72 pence, tandis que les enfants vivant en milieu rural peuvent gagner environ 1,14 livre en s’occupant des poules.
Mais l’intérêt de cette étude dépasse largement la seule question des revenus. Elle montre aussi que les objectifs d’épargne des enfants évoluent. Alors que les jeux vidéo occupaient jusqu’ici la première place, les vacances et les voyages deviennent désormais leur principale motivation pour économiser. L’épargne destinée à préparer l’avenir arrive en deuxième position, devant les achats liés au divertissement numérique. Ce changement traduit un intérêt croissant pour les expériences plutôt que pour les biens matériels.
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Pour illustrer ces résultats, NatWest Rooster Money a lancé « Chorewear », une veste en édition limitée imaginée pour accompagner les enfants dans leurs activités en extérieur. Elle intègre notamment une laisse rétractable pour promener un chien, un emplacement pour les sacs de ramassage, une poche isotherme pour les collations, des bandes réfléchissantes, des attaches pour les outils de jardinage ainsi qu’un chiffon en microfibre destiné au lavage des voitures et des vitres. L’entreprise estime qu’en cumulant toutes ces activités, un enfant pourrait gagner jusqu’à 11,78 livres en une seule journée.
Pour faire connaître cette initiative, NatWest Rooster Money a fait appel au chanteur et animateur britannique Aston Merrygold, accompagné de son fils Grayson, âgé de huit ans. L’artiste raconte avoir lui-même appris très tôt la valeur de l’argent en participant aux travaux de la maison. Selon lui, permettre aux enfants de gagner progressivement leur argent contribue à développer leur autonomie et leur sens des responsabilités.
Les corvées ne constituent cependant pas la seule source de revenus des plus jeunes. L’étude montre que les cadeaux offerts par les proches continuent d’alimenter largement leur budget. En 2026, la traditionnelle Petite Souris verse en moyenne 4,79 livres par dent perdue, soit une hausse de 14 % en un an. Les cadeaux d’anniversaire atteignent 46,41 livres en moyenne, tandis que les grands-parents offrent environ 24,49 livres et les oncles et tantes 24,80 livres.
Pour Will Carmichael, fondateur et directeur général de NatWest Rooster Money, ces chiffres illustrent surtout le rôle éducatif de l’argent de poche. Associer une récompense financière à des responsabilités concrètes permet aux enfants d’apprendre progressivement à gérer un budget, à différer certaines dépenses, à épargner pour atteindre un objectif et à mesurer la valeur de l’argent.
Après dix éditions, le Pocket Money Index montre ainsi que l’argent de poche ne se résume plus à une simple gratification. Pour de nombreuses familles, il devient un véritable levier d’éducation financière, où chaque corvée accomplie est aussi l’occasion d’acquérir des réflexes qui accompagneront les enfants bien au-delà de leur enfance.

