Le Maroc et les États-Unis ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique en matière de défense avec la signature d’un mémorandum d’entente portant sur la création au Royaume d’un Centre africain d’entraînement et d’expérimentation multidomaine (AMTEC). Ce projet, développé conjointement par les Forces Armées Royales (FAR) et le Commandement américain pour l’Afrique (US AFRICOM), ambitionne de faire du Maroc une plateforme régionale de référence pour la formation militaire, l’innovation technologique et le développement des capacités opérationnelles en Afrique.
La signature de l’accord est intervenue le 13 juillet 2026 au siège de l’US AFRICOM à Stuttgart, en Allemagne, à l’occasion d’une visite de travail conduite par le général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces Armées Royales et commandant de la Zone Sud, à la tête d’une importante délégation marocaine. Cette visite s’est déroulée sur Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d’État-Major général des Forces Armées Royales.
Le mémorandum a été signé par le général Mohammed Berrid et le général d’armée Dagvin Anderson, commandant de l’US AFRICOM, après des échanges consacrés aux perspectives de coopération militaire entre Rabat et Washington. L’accord prévoit la mise en place au Maroc d’un centre conjoint destiné à renforcer la préparation opérationnelle, l’interopérabilité des forces et les capacités de réponse face aux nouvelles menaces sécuritaires qui touchent le continent africain.
Selon les informations communiquées par les FAR et l’AFRICOM, le futur centre devrait être implanté dans la région de Tan-Tan, un choix qui s’appuie sur les infrastructures existantes ainsi que sur la position stratégique du sud marocain. L’objectif affiché est de créer, d’ici 2030, un pôle d’excellence capable d’accueillir des formations, des exercices et des expérimentations au profit des armées africaines partenaires ainsi que des forces alliées occidentales.
Le projet s’articulera autour de trois composantes majeures. La première prendra la forme d’une zone d’entraînement multidomaine permettant de préparer les unités militaires à des opérations complexes impliquant les dimensions terrestre, aérienne, maritime, cybernétique et électromagnétique. Cette infrastructure offrira un environnement réaliste destiné à tester les capacités opérationnelles dans des scénarios contemporains de plus en plus exigeants.
Le deuxième pilier concernera la création d’une académie dédiée aux drones et aux systèmes aériens sans pilote. Cette structure aura pour mission de former des opérateurs africains aux technologies des drones, avec un accent particulier sur les besoins liés à la surveillance, au renseignement et à la lutte contre les groupes terroristes actifs notamment dans la région sahélo-saharienne et en Afrique de l’Ouest.
Le troisième volet reposera sur un centre d’innovation et d’expérimentation destiné à accélérer l’intégration des technologies émergentes dans le domaine de la défense. Intelligence artificielle, systèmes autonomes, communications avancées ou encore technologies de détection figurent parmi les domaines identifiés. Les responsables du projet souhaitent privilégier des solutions évolutives, accessibles financièrement et adaptées aux réalités opérationnelles des armées africaines.
Au-delà de sa dimension militaire, l’AMTEC devrait également servir de catalyseur pour le développement d’un écosystème technologique et industriel autour des technologies de défense. Le projet prévoit l’implication d’acteurs industriels, d’universités et de centres de recherche afin de favoriser l’émergence de nouvelles solutions et de renforcer les capacités d’innovation régionales.
Pour le général Mohammed Berrid, le Maroc dispose déjà des infrastructures, des compétences humaines et de l’expérience nécessaires pour transformer rapidement cette ambition en réalité opérationnelle. Il a souligné la capacité du Royaume à se positionner comme un partenaire industriel fiable et durable pour les États-Unis et leurs alliés sur le continent africain.
De son côté, le général Dagvin Anderson considère cette initiative comme une opportunité majeure pour les industries de défense américaines et africaines ainsi que pour les institutions académiques, appelées à développer ensemble des solutions adaptées aux défis sécuritaires émergents.
La première étape concrète du projet pourrait intervenir dès l’exercice African Lion 2027. Organisé chaque année au Maroc, cet exercice militaire multinational servira de terrain d’expérimentation pour plusieurs technologies et concepts opérationnels qui seront ensuite intégrés au futur centre.
Cette nouvelle infrastructure s’inscrit dans le cadre de la feuille de route de coopération en matière de défense 2026-2036 signée à Washington le 16 avril 2026 entre le Maroc et les États-Unis. Elle confirme la solidité des relations militaires entre les deux pays et renforce la place du Royaume comme acteur central de la sécurité régionale et partenaire stratégique de Washington en Afrique.


