Le Maroc poursuit sa stratégie de renforcement de la sécurité énergétique avec l’octroi de dix nouveaux permis d’exploration pétrolière et gazière dans les eaux profondes de l’Atlantique, au large de la façade nord-ouest du Royaume. Ces autorisations concernent le projet « Gharb Deep Offshore », l’un des principaux chantiers d’exploration offshore actuellement en développement dans le pays.
Les permis ont été attribués dans le cadre du partenariat liant l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) à Murphy Morocco Oil, filiale du groupe américain Murphy Oil Corporation. Les décisions ministérielles numérotées de 997.26 à 1006.26 ont été publiées au Bulletin officiel n°7521, officialisant le lancement d’une nouvelle phase d’exploration dans cette zone maritime considérée comme prometteuse sur le plan géologique.
Les licences sont accordées pour une période initiale de trois ans à compter du 3 avril 2026. Elles couvrent une superficie globale avoisinant les 17.000 kilomètres carrés dans les eaux profondes situées au large des régions du Gharb, de Kénitra et de Larache.
Selon les termes de l’accord, Murphy Oil assurera l’exploitation des travaux avec une participation de 75 %, tandis que l’ONHYM conservera une part de 25 % dans le projet. Cette collaboration s’inscrit dans la politique marocaine visant à attirer les investissements internationaux dans le secteur énergétique et à accélérer la valorisation du potentiel national en hydrocarbures.
Contrairement à certaines interprétations relayées après l’annonce des permis, cette étape ne signifie pas la découverte de nouvelles réserves de pétrole ou de gaz. L’exploration offshore suit un processus long et progressif qui débute par l’analyse des données géologiques et sismiques avant toute décision de forage.
Murphy Oil a d’ailleurs indiqué qu’aucun engagement ferme de forage n’est prévu durant cette première phase. Les travaux porteront principalement sur le retraitement des données sismiques existantes, leur interprétation et l’évaluation des structures géologiques sous-marines susceptibles de contenir des accumulations d’hydrocarbures commercialement exploitables.
Les dix permis concernent plusieurs blocs répartis au sein du projet « Gharb Deep Offshore ». Certaines zones dépassent les 1.900 kilomètres carrés tandis que d’autres couvrent un peu plus de 1.100 kilomètres carrés, témoignant de l’ampleur des investigations envisagées dans cette partie de l’Atlantique marocain.
L’attribution de ces nouvelles licences intervient dans un contexte marqué par une forte dépendance énergétique du Royaume aux importations de pétrole, de gaz naturel et de charbon. Malgré les progrès réalisés dans les énergies renouvelables, le taux de dépendance énergétique du Maroc demeure supérieur à 90 %.
Le gaz naturel est appelé à jouer un rôle croissant dans les prochaines années afin d’accompagner le développement industriel, d’alimenter les centrales électriques et de soutenir l’essor des filières solaire et éolienne. Les autorités anticipent d’ailleurs une progression soutenue de la demande nationale en électricité à l’horizon 2030.
Ces dernières années, plusieurs projets ont ravivé les espoirs de développement d’une production nationale plus importante. Le gisement offshore d’Anchois, au large de Larache, figure parmi les découvertes les plus prometteuses après la confirmation d’importantes ressources de gaz naturel par la société Chariot. À l’est du pays, le projet gazier de Tendrara poursuit également son développement avec des ressources récupérables estimées à plusieurs centaines de milliards de pieds cubes de gaz.
En 2024, une nouvelle découverte avait également été annoncée sur le puits terrestre OBA-1 dans la région du Loukkos, même si des études complémentaires restent nécessaires avant toute exploitation commerciale.
Dans ce contexte, les permis accordés dans le cadre du projet Gharb Deep Offshore représentent avant tout un pari sur le potentiel géologique du sous-sol marin marocain. Leur véritable portée dépendra des résultats des études sismiques en cours, d’une éventuelle campagne de forage et, à terme, de la confirmation de réserves économiquement exploitables capables de contribuer à la réduction de la dépendance énergétique du Royaume.


