La province de Gyeonggi, en Corée du Sud, a créé une cellule dédiée à la protection des enseignants afin de les accompagner face aux plaintes abusives, aux accusations de maltraitance et aux procédures judiciaires. Inspirée par l’organisation fictive mise en scène dans la série Netflix Teach You a Lesson (참교육), cette nouvelle structure marque un changement de cap dans la gestion des conflits scolaires et pourrait servir de modèle à d’autres régions du pays.
Le dispositif, placé directement sous l’autorité du surintendant de l’éducation de Gyeonggi, Ahn Min-seok, a pour mission d’assurer un suivi complet des dossiers impliquant des enseignants, depuis le signalement d’un incident jusqu’à sa résolution. L’objectif affiché est de décharger les enseignants des démarches administratives et juridiques afin qu’ils puissent se consacrer pleinement à leur mission pédagogique.
La nouvelle agence repose sur deux unités complémentaires. La première, baptisée Teacher Rights Protection 119 Team, réunira une cinquantaine d’agents spécialement recrutés pour défendre les droits des enseignants. Chaque professionnel accompagnera individuellement un enseignant concerné par une affaire, prendra en charge les échanges avec les parents d’élèves et assurera le suivi du dossier jusqu’à son aboutissement.
La seconde unité est une équipe intégrée de soutien juridique composée d’avocats spécialisés en droit de l’éducation. Ces juristes mèneront des enquêtes sur le terrain, fourniront des conseils juridiques et représenteront les enseignants devant les tribunaux lorsque cela sera nécessaire. Les recrutements concernent également des fonctionnaires de l’éducation, des enseignants en activité ou retraités ainsi que des experts extérieurs.

Lors de la présentation officielle du projet, Ahn Min-seok a affirmé que les enseignants ne devaient plus affronter seuls les conséquences de plaintes ou de procédures judiciaires. Selon lui, chaque dossier sera traité sous la responsabilité de cette nouvelle structure, qui restera engagée jusqu’au rétablissement complet de la situation. Le responsable de l’éducation s’est également fixé un délai d’un an pour restaurer la confiance entre les établissements scolaires, les enseignants et les familles.
L’initiative dépasse désormais le cadre de la seule province de Gyeonggi. Plusieurs nouveaux surintendants élus ont placé la protection des enseignants au cœur de leur programme. Dans la province de Chungcheong du Sud, le surintendant Lee Byung-do a instauré une cellule similaire dès son entrée en fonction. Les provinces de Gangwon et de Jeju ont également annoncé la mise en place de dispositifs comparables.
Ces structures fonctionneront comme un guichet unique offrant des équipes d’intervention rapide, des conseillers juridiques spécialisés ainsi qu’un accompagnement psychologique. Une évolution majeure réside dans le transfert de la responsabilité des litiges : les procédures administratives et juridiques seront désormais prises en charge par les bureaux de l’éducation plutôt que par les enseignants eux-mêmes.
Cette réforme intervient dans un contexte où les enseignants sud-coréens dénoncent depuis plusieurs années une multiplication des plaintes, des accusations infondées et une perte progressive de leur autorité en classe. La série Teach You a Lesson, qui met en scène une organisation fictive chargée de défendre les enseignants confrontés à ces difficultés, a largement contribué à populariser le débat dans l’opinion publique. Si les nouvelles cellules n’adoptent évidemment pas les méthodes du scénario, elles reprennent son idée centrale : offrir aux enseignants une protection institutionnelle forte.
En parallèle, le gouvernement sud-coréen prépare des modifications de la loi sur la protection de l’enfance et de la législation relative aux abus envers les mineurs. Ces réformes visent à mieux concilier la protection des élèves avec la capacité des enseignants à maintenir la discipline en classe, sans craindre systématiquement des poursuites ou des accusations injustifiées.
En renforçant l’accompagnement juridique, administratif et psychologique des enseignants, la Corée du Sud cherche ainsi à restaurer un climat de confiance dans les établissements scolaires et à garantir un environnement de travail plus sécurisé pour les professionnels de l’éducation.


