Le Maroc poursuit l’accélération de sa transformation numérique en misant sur l’intelligence artificielle, la modernisation des services publics, le renforcement de l’identité numérique et l’extension des infrastructures de télécommunications. Intervenant lundi à la Chambre des représentants lors de la séance des questions orales, la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a présenté l’état d’avancement des principaux chantiers engagés dans ces domaines.
La ministre a souligné que le Royaume adopte une stratégie visant à faire de l’intelligence artificielle un levier de développement économique, d’innovation, de compétitivité et de souveraineté numérique. Cette orientation s’appuie notamment sur la feuille de route « AI Made in Morocco », élaborée à l’issue des Assises nationales de l’intelligence artificielle organisées sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ainsi que sur le lancement du réseau Jazari Institutes, destiné à renforcer la recherche et l’innovation dans les différentes régions du pays.
Cette dynamique s’accompagne de plusieurs initiatives consacrées à la formation et à l’émergence de nouveaux projets. Le programme RamadanIA a enregistré 4.000 candidatures, tandis que Rally IA Future Lab, organisé à Merzouga, a réuni un millier de jeunes et permis l’émergence de 138 projets couvrant dix domaines d’application de l’intelligence artificielle. Parallèlement, des programmes d’initiation aux compétences numériques et à l’IA sont déployés au profit des enfants et des jeunes.
La ministre a également annoncé la préparation d’un projet de loi relatif à l’administration numérique afin d’encadrer la transformation digitale des services publics. Le Maroc poursuit en outre son engagement dans les discussions internationales sur la gouvernance de l’intelligence artificielle à travers le pôle numérique régional arabo-africain D4SD, qui ambitionne de renforcer la coopération régionale dans ce domaine stratégique.
Sur le volet de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni a indiqué que 21 espaces d’accueil modèles ont déjà été aménagés dans plusieurs administrations publiques, notamment des hôpitaux, des établissements pénitentiaires et des tribunaux. De nouveaux partenariats ont été conclus pour étendre cette expérience entre 2026 et 2028.
Le ministère a par ailleurs élaboré un projet de décret fixant les règles d’accueil des usagers dans les administrations publiques. Dans le même esprit, 599 agents chargés de l’accueil et de l’orientation en langue amazighe ont été mobilisés, tandis que près de 4.000 panneaux et éléments de signalétique intègrent désormais cette langue afin d’améliorer l’accessibilité des services publics.
Concernant l’identité numérique, la ministre a rappelé que le Royaume poursuit le développement d’un système permettant aux citoyens et aux résidents d’accéder de manière sécurisée aux services administratifs numériques grâce à la nouvelle génération de la Carte nationale d’identité électronique ou à la carte de séjour. Une version simplifiée de ces services est également en cours de développement sur téléphone mobile, avec une attention particulière portée à la cybersécurité et à la protection des données personnelles.
S’agissant des infrastructures numériques, Amal El Fallah Seghrouchni a indiqué que le Maroc a gagné deux places au classement mondial de l’Indice de développement des technologies de l’information et de la communication en 2026, tout en conservant sa première position en Afrique en 2025 et 2026.
La première phase du Plan national de développement du haut et très haut débit a permis de couvrir plus de 10.690 zones sur les 10.740 prévues. La deuxième phase prévoit, pour sa part, le déploiement de réseaux 4G dans 2.000 zones rurales au cours de l’année 2026.
La ministre a enfin assuré que son département, en coordination avec l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), poursuit le suivi de la couverture sur le terrain afin d’identifier les zones encore insuffisamment desservies et de mettre en œuvre les solutions nécessaires pour améliorer l’accès aux services de télécommunications.

