Les marchés financiers mondiaux ont entamé la séance de mardi sous tension. La hausse des prix du pétrole, alimentée par l’aggravation des affrontements au Moyen-Orient, a pesé sur les Bourses asiatiques, tandis que les valeurs liées à l’intelligence artificielle ont prolongé leur repli. Les investisseurs suivent également de près le début de la saison des résultats trimestriels des grandes banques américaines, dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques et économiques.
Le Brent de la mer du Nord a poursuivi sa progression en dépassant les 84 dollars le baril, après avoir bondi de près de 10 % la veille. De son côté, le brut américain WTI gagnait 1,4 % pour atteindre 79,20 dollars le baril. Si ces niveaux restent inférieurs au pic d’environ 120 dollars enregistré lors des précédentes crises géopolitiques, les inquiétudes concernant la sécurité des approvisionnements en pétrole se renforcent.
Les tensions se concentrent autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante des exportations mondiales de pétrole. Les États-Unis et l’Iran ont chacun affirmé exercer le contrôle de cette voie maritime, alors que Washington a mené de nouvelles frappes contre des positions iraniennes après que le président Donald Trump a annoncé le rétablissement d’un blocus visant l’Iran dans cette zone. Les affrontements compliquent la circulation des pétroliers quittant le golfe Persique, alimentant la hausse des prix de l’énergie à l’échelle mondiale.
Cette montée des risques géopolitiques s’est rapidement répercutée sur les marchés asiatiques. Au Japon, l’indice Nikkei 225 a reculé de 1 %, tandis que le Kospi sud-coréen a perdu 3,2 %. En Chine continentale, l’indice composite de Shanghai a cédé 0,8 %, malgré la publication de statistiques montrant une progression de 27 % des exportations chinoises en juin sur un an, portée par la forte demande mondiale en semi-conducteurs et en composants destinés à l’intelligence artificielle.
À Hong Kong, le Hang Seng est parvenu à terminer légèrement dans le vert avec une hausse de 0,1 %, alors que l’indice australien S&P/ASX 200 a abandonné 0,5 %.
À Wall Street, la prudence dominait déjà la veille. L’indice S&P 500 a perdu 0,8 %, le Dow Jones 0,3 % et le Nasdaq Composite 1,6 %. Les valeurs technologiques spécialisées dans les puces électroniques ont particulièrement souffert. Micron Technology a chuté de 4,4 %, réduisant une partie de son impressionnante progression annuelle, tandis que Nvidia a cédé 3,5 %, entraînant à elle seule une part importante du recul du S&P 500 en raison de son poids dans les indices américains.
Les investisseurs s’interrogent désormais sur la valorisation des entreprises liées à l’intelligence artificielle. Après plusieurs mois d’euphorie, les marchés attendent des résultats financiers capables de confirmer que les investissements massifs dans l’IA se traduisent effectivement par une croissance durable des bénéfices et des gains de productivité.
Cette semaine marque justement le coup d’envoi de la saison des publications trimestrielles aux États-Unis. Bank of America, Citigroup, JPMorgan Chase, Goldman Sachs et Wells Fargo doivent dévoiler leurs performances financières, des résultats particulièrement attendus pour évaluer la solidité de l’économie américaine et les perspectives des marchés.
Selon les estimations des analystes de FactSet, les entreprises composant l’indice S&P 500 devraient afficher une progression moyenne de leurs bénéfices de 23,6 % par rapport à l’an dernier. Si ces prévisions se confirment, il s’agirait d’un deuxième trimestre consécutif enregistrant une croissance supérieure à 20 %.
Parallèlement, la flambée des prix du pétrole ravive les craintes d’un retour des pressions inflationnistes. Une énergie plus coûteuse pourrait compliquer la tâche de la Réserve fédérale américaine et des autres banques centrales, qui pourraient être contraintes de maintenir des taux d’intérêt élevés, voire de les relever de nouveau. Une telle perspective pèserait sur la croissance économique mondiale ainsi que sur les marchés financiers.
Sur le marché des changes, le dollar évoluait quasiment à l’équilibre face au yen japonais, à 162,34 yens, tandis que l’euro progressait légèrement à 1,1391 dollar.

