Le tribunal de première instance de Témara a rendu son verdict dans l’affaire impliquant le créateur de contenu marocain connu sous le pseudonyme de « Bensns ». Poursuivi en état d’arrestation pour des faits liés à l’atteinte aux bonnes mœurs et à l’ordre moral, il a été condamné à une peine de prison ferme assortie d’une amende.
Cette affaire, qui a suscité un important débat sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, s’est conclu par la condamnation de bennsn à huit mois de prison ferme, assortis d’une amende. À l’origine des poursuites figure une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube à l’occasion de l’Aïd al-Adha, dans laquelle le créateur de contenu mettait en scène la cuisson d’un chien mort. Une séquence qui avait déclenché une vive polémique et provoqué une vague d’indignation.
L’Organisation nationale pour la protection électronique avait alors dénoncé un contenu jugé provocateur et offensant pour les valeurs religieuses et les sensibilités de la société marocaine, estimant que cette publication dépassait largement le cadre de la liberté de création sur les plateformes numériques.
Le volet civil rejeté
Sur le plan civil, le tribunal a rejeté la demande de constitution de partie civile introduite par une association active dans le domaine concerné.
Les juges ont considéré que cette demande ne remplissait pas les conditions juridiques requises et qu’aucun préjudice direct subi par l’association n’avait été démontré. En conséquence, aucune indemnisation civile n’a été accordée, la juridiction se limitant à prononcer la peine d’emprisonnement ainsi que l’amende au profit du Trésor public.
Un signal adressé aux créateurs de contenu
Pour plusieurs observateurs, cette décision s’inscrit dans une série de condamnations récentes visant des créateurs de contenu actifs sur YouTube et TikTok. Elle illustre la volonté de la justice marocaine de rappeler que la liberté d’expression sur les plateformes numériques s’exerce dans le respect des lois, de l’ordre public et des bonnes mœurs.
Ce jugement est ainsi perçu comme un nouveau signal en faveur d’un encadrement plus strict des contenus diffusés en ligne, en particulier lorsque ceux-ci sont susceptibles de heurter les valeurs de la société ou de contrevenir à la législation en vigueur.

