La cinquième soirée de Jazzablanca a illustré toute la richesse de la programmation du festival, en faisant voyager le public entre jazz contemporain, musiques urbaines et électro acoustique. D’un côté, la Scène 21 a mis à l’honneur les explorations sonores du trompettiste français Daoud. De l’autre, la scène Casa Anfa a successivement accueilli Danyl puis Meute, devant un public venu en nombre.
Sur la Scène 21, Daoud a proposé une prestation fidèle à son identité artistique, où le jazz se nourrit d’influences électroniques et laisse une large place à l’improvisation. Le musicien français a construit un concert évolutif, alternant séquences intimistes et passages plus intenses, tout en brouillant les frontières entre musique acoustique et création numérique.
Voir cette publication sur Instagram
L’artiste a notamment surpris le public en multipliant les expérimentations sonores, offrant un spectacle où la recherche musicale occupait une place centrale. Cette approche libre a trouvé un écho auprès des festivaliers, venus découvrir une facette plus contemporaine du jazz.
La soirée s’est poursuivie avec Nubiyan Twist, formation britannique connue pour son univers hybride. Le collectif a enchaîné des compositions mêlant jazz, afrobeat, soul, hip-hop et rythmes électroniques, transportant progressivement le public dans une ambiance festive. Plusieurs morceaux issus de son dernier album Chasing Shadows ont rythmé cette prestation, saluée pour son énergie et sa générosité.
À Casa Anfa, Danyl a ensuite pris le relais dans un registre totalement différent. L’artiste franco-algérien a rapidement instauré une proximité avec les spectateurs, qui ont accompagné une grande partie de son répertoire en reprenant les refrains à l’unisson. Entre rap mélodique, pop et influences raï, le chanteur a confirmé la popularité grandissante dont il bénéficie auprès du public marocain.
Le changement d’atmosphère s’est opéré avec l’arrivée de Meute. Fidèle à son concept atypique, le collectif allemand a proposé une relecture instrumentale de la musique électronique, transformant progressivement Anfa Park en un vaste espace de danse. L’intensité de la performance et la montée en puissance des arrangements ont rapidement entraîné les festivaliers, qui ont répondu avec enthousiasme jusqu’aux dernières notes.
En réunissant, au cours d’une même soirée, les expérimentations jazz de Daoud, les sonorités urbaines de Danyl, l’énergie métissée de Nubiyan Twist et la puissance scénique de Meute, Jazzablanca a une nouvelle fois démontré sa capacité à faire dialoguer des univers musicaux très différents, tout en conservant une même exigence artistique.

