Le siège permanent de l’Association des Procureurs d’Afrique a été officiellement inauguré mercredi à Rabat, consacrant un tournant institutionnel majeur pour la coopération judiciaire sur le continent. La cérémonie, tenue au siège de la Présidence du Ministère public, a été présidée par le procureur général du Roi près la Cour de cassation et président du Ministère public, Hicham El Blaoui, en présence de responsables judiciaires africains de haut niveau, dont le président de l’Association, Renson Ingonga.
L’événement a été marqué par la signature de la convention actant le transfert définitif du siège de l’organisation, jusque-là installé en République du Mozambique, vers le Royaume du Maroc. Ce déplacement institutionnel consacre Rabat comme centre de coordination durable des procureurs africains et confirme la confiance accordée aux institutions judiciaires marocaines par leurs homologues du continent.
Au-delà de la cérémonie d’inauguration, les travaux du Comité exécutif de l’association ont été lancés dans la capitale. Ils réunissent des représentants des ministères publics et des organes de poursuite de plusieurs États africains. Les échanges portent notamment sur les préparatifs du congrès et de l’assemblée générale prévus en 2026, ainsi que sur une révision des statuts de l’organisation et des modalités de contribution financière des membres.
Dans son allocution, Hicham El Blaoui a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les parquets africains face à la montée des formes de criminalité transfrontalière. Il a cité, entre autres, la criminalité organisée, la corruption, la traite des êtres humains et la cybercriminalité, appelant à une mutualisation accrue des expertises et des outils juridiques pour consolider l’efficacité de la justice pénale sur le continent.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités judiciaires et institutionnelles marocaines, dont Mohamed Abdennabaoui, président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, et Abdelatif El Amrani, ainsi que de représentants de ministères publics africains. Tous ont souligné la portée symbolique et opérationnelle de cette implantation permanente au Maroc, présentée comme un levier de structuration du dialogue judiciaire continental.
Cette installation s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation de la coopération juridique africaine, portée par des mécanismes d’échange, de formation et de coordination entre institutions de poursuite. Les participants ont salué le rôle de l’association dans la création d’un espace institutionnel commun, favorisant le partage d’expériences et la convergence des pratiques face à des défis judiciaires de plus en plus complexes.
En clôture des travaux, les membres ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la construction d’un cadre de coopération renforcé, au service de l’État de droit, de la stabilité institutionnelle et de la sécurité juridique sur le continent africain.


