Le Maroc et le Portugal ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération en matière de mobilité routière avec la signature, mercredi à Rabat, d’un accord de reconnaissance réciproque des permis de conduire. L’accord a été paraphé par le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, et son homologue portugais des Infrastructures et du Logement, Miguel Pinto Luz, dans un contexte de renforcement continu des relations bilatérales entre le Royaume du Maroc et la République portugaise.
Ce nouvel engagement actualise un premier accord conclu le 22 mai 2003, devenu partiellement inadapté aux évolutions techniques et administratives des deux systèmes de délivrance des permis de conduire. Il s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux partagés par les deux pays, notamment leur adhésion à la Convention de Vienne sur la circulation routière de 1968, qui fixe les standards internationaux en matière de sécurité et d’harmonisation du trafic routier.
L’accord intervient surtout pour répondre à des difficultés concrètes rencontrées par les ressortissants marocains installés au Portugal, confrontés à des restrictions dans l’échange de leurs permis, auparavant limitées à la seule catégorie B. Ces contraintes étaient liées à des divergences de formats et de données entre les documents officiels des deux pays, compliquant les démarches administratives et professionnelles des usagers.
Sur le plan opérationnel, le texte a été élaboré à l’issue d’un travail technique entre l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) et l’Institut portugais de la mobilité et des transports, en coordination avec les services diplomatiques marocains à Lisbonne. Les discussions ont permis de définir un cadre modernisé, intégrant les évolutions du Code de la route marocain et l’actualisation des modèles de permis en vigueur.
L’un des apports majeurs de cet accord réside dans l’élargissement des possibilités d’échange des permis marocains. Désormais, toutes les catégories obtenues avant l’installation au Portugal pourront être converties, et non plus uniquement la catégorie B. Une avancée qui devrait faciliter l’insertion professionnelle de nombreux Marocains établis dans ce pays, notamment dans les secteurs du transport et des services.
Le texte prévoit également la possibilité pour les titulaires d’un permis délivré par l’une des deux parties de conduire sur le territoire de l’autre pendant une durée d’un an à compter de leur entrée, dans le respect des réglementations nationales en vigueur. Cette disposition vise à fluidifier la mobilité temporaire et à renforcer les échanges économiques et humains.
Lors de la cérémonie de signature, Abdessamad Kayouh a mis en avant la portée stratégique de cet accord, qui reflète la solidité des relations entre les deux pays, marquées par des liens humains étroits et une présence communautaire significative. Le Maroc compte plus de 15.000 ressortissants au Portugal, tandis que près de 3.000 Portugais résident au Maroc.
Le ministre portugais Miguel Pinto Luz a, pour sa part, salué le dynamisme des transformations en cours au Maroc, notamment en matière d’infrastructures et de logistique, estimant que ces avancées renforcent l’attractivité du Royaume comme partenaire économique fiable à l’échelle régionale et internationale. Il a également évoqué une nouvelle phase de coopération bilatérale appelée à se développer davantage dans les domaines du transport et des infrastructures.
Cet accord sur la reconnaissance des permis de conduire illustre ainsi une volonté partagée de simplifier les démarches administratives et de renforcer la mobilité des citoyens entre les deux rives, tout en consolidant un partenariat déjà structuré autour de projets économiques et humains durables.


