Les perspectives de développement de l’éolien offshore au Maroc et son rôle dans la transition énergétique ont été au cœur d’un atelier régional de dialogue et de plaidoyer organisé jeudi à Marrakech. Réunissant des responsables institutionnels, des experts, des chercheurs et des représentants de la société civile, cette rencontre vise à formuler des recommandations concrètes destinées aux pouvoirs publics afin d’accompagner le déploiement de cette filière stratégique.
Organisé par l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD), en partenariat avec le Pooled Fund on International Energy (PIE), l’événement s’inscrit dans le cadre du projet « Wind Offshore : Pour une transition éolienne offshore durable au Maroc ». L’initiative ambitionne de bâtir une vision concertée du développement de l’éolien en mer, en tenant compte des réalités économiques, environnementales et sociales des territoires.
Prenant la parole à cette occasion, le coordinateur national de l’AMCDD, Abdelaziz Janati, a souligné que la transition énergétique constitue aujourd’hui un défi majeur à l’échelle mondiale, notamment pour les pays fortement dépendants des importations d’énergie. Face à cette situation, il estime que la diversification des sources d’approvisionnement est devenue un levier essentiel pour renforcer la sécurité énergétique et améliorer la compétitivité économique.
Selon lui, l’éolien offshore représente une opportunité stratégique pour le Maroc. Grâce à sa façade maritime étendue et à sa position géographique entre l’Atlantique et la Méditerranée, le Royaume dispose d’atouts naturels favorables au développement de cette technologie. Il a également plaidé pour une meilleure valorisation des expériences déjà menées dans le domaine des énergies renouvelables afin de préparer le déploiement de futurs projets en mer.
À travers le projet « Offshore Wind », l’AMCDD souhaite instaurer un cadre de concertation réunissant les administrations publiques, les collectivités territoriales, les acteurs économiques, les professionnels de la pêche, les chercheurs et les organisations de la société civile. L’objectif est de définir une approche commune permettant de concilier développement économique, protection de l’environnement et utilisation durable des espaces maritimes, avec une attention particulière portée à la région de Marrakech-Safi.
Les échanges ont également permis de présenter les premiers enseignements du projet et d’alimenter la réflexion autour d’une feuille de route nationale à l’horizon 2040 pour l’éolien offshore au Maroc.
Plusieurs thématiques ont été abordées au cours des différentes sessions de travail. Les participants ont notamment débattu de la coexistence entre les futurs parcs éoliens en mer et les activités de pêche artisanale, des moyens de préserver la biodiversité marine et les écosystèmes sensibles, ainsi que du transfert des compétences développées dans l’éolien terrestre vers les projets offshore.
Les discussions ont aussi porté sur la valorisation du patrimoine naturel et touristique des territoires côtiers et sur la nécessité de mettre en place une planification spatiale maritime intégrée. Une telle approche est jugée indispensable pour garantir un développement équilibré des différents usages du littoral, tout en favorisant l’essor d’une filière capable de contribuer aux ambitions du Maroc en matière de transition énergétique, de souveraineté énergétique et de développement durable.

