Netflix a vu son action reculer jusqu’à 8 % à Wall Street jeudi 16 juillet, après la publication de résultats trimestriels jugés inférieurs aux attentes des investisseurs. Si le géant du streaming affiche une nouvelle progression de son bénéfice net, le ralentissement de la croissance de son chiffre d’affaires et des perspectives plus prudentes pour les prochains mois alimentent les inquiétudes sur son rythme d’expansion.
Entre avril et juin 2026, Netflix a enregistré un bénéfice net de 3,4 milliards de dollars, en hausse de plus de 9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Son chiffre d’affaires a atteint 12,56 milliards de dollars, soit une progression annuelle de 13,4 %. Cette croissance reste toutefois la plus faible enregistrée par l’entreprise depuis près de trois ans et s’est révélée légèrement inférieure aux prévisions des analystes.
Le groupe anticipe également un ralentissement supplémentaire au troisième trimestre, avec une hausse attendue de ses revenus limitée à 11,7 %. Ces perspectives ont renforcé les doutes des marchés sur la capacité de Netflix à maintenir la dynamique qui a soutenu ses performances ces dernières années.
Depuis le premier trimestre 2025, Netflix ne communique plus le nombre de ses abonnés, estimant que cet indicateur ne reflète plus fidèlement l’évolution de son activité. L’entreprise préfère désormais mettre en avant l’engagement de ses utilisateurs. Au cours du premier semestre 2026, les abonnés ont ainsi regardé 97 milliards d’heures de contenus, soit une progression de seulement 2 % sur un an, signe d’une croissance de l’audience plus modérée.
Face à une concurrence de plus en plus intense, notamment de YouTube, TikTok et d’autres plateformes spécialisées dans les vidéos courtes, Netflix accélère la diversification de son offre. Après les événements en direct, les jeux vidéo et les podcasts, le groupe investit désormais davantage dans les formats courts.
Le co-directeur général Greg Peters a indiqué que la plateforme continuerait d’élargir son catalogue avec de nouveaux types de contenus, allant des programmes en direct aux podcasts, en passant par les jeux accessibles sur téléviseur via le cloud. Cette stratégie vise à répondre à des usages variés et à fidéliser un public aux habitudes de consommation en constante évolution.
Dans cette logique, Netflix a conclu en juillet plusieurs accords de licence avec des groupes de médias afin d’intégrer des vidéos courtes à son catalogue. À partir du 3 août, les abonnés aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Irlande, en Australie et en Nouvelle-Zélande auront accès à des contenus de deux minutes produits notamment par Penske Media, BuzzFeed Studios, Condé Nast, Hearst Magazines et People Inc.
Cette évolution intervient alors que YouTube a dépassé Netflix en temps moyen quotidien de visionnage en 2025, selon les données du cabinet Digital i, tandis que TikTok continue de réduire l’écart, notamment auprès du public américain.
Malgré ce contexte plus concurrentiel, les dirigeants de Netflix affichent leur confiance. Le directeur financier Spencer Neumann estime que la plateforme divertit désormais près d’un milliard de personnes tout en ne représentant encore qu’environ 5 % de l’audience mondiale de la télévision, laissant entrevoir un potentiel de croissance important.
Netflix poursuit également le développement de nouveaux contenus exclusifs. En mars dernier, une performance en direct du groupe de K-pop BTS a réuni plus de 18 millions de spectateurs, tandis que le film d’animation KPop Demon Hunters a remporté cette année l’Oscar du meilleur long métrage d’animation. Lancée en 2022, l’offre avec publicité continue par ailleurs de se développer, même si Netflix ne propose toujours pas de formule gratuite.

