L’administration du président Donald Trump a adopté une nouvelle réglementation qui modifie en profondeur les conditions de séjour de plusieurs catégories de visiteurs étrangers aux États-Unis. Désormais, les visas étudiants (F), les visas d’échange culturel (J) et les visas destinés aux journalistes étrangers (I) seront délivrés pour une durée fixe, mettant fin au système actuel qui autorisait un séjour couvrant toute la durée des études, du programme d’échange ou de l’activité professionnelle.
Publiée par le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS), cette règle entrera en vigueur 60 jours après sa publication au Federal Register, sous réserve de l’examen du Congrès. Elle s’inscrit dans la politique migratoire menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, marquée par un renforcement des contrôles sur l’immigration, y compris les voies d’entrée légales.
Concrètement, les visas F et J ne pourront plus dépasser quatre ans. Les bénéficiaires souhaitant prolonger leur séjour devront déposer une demande d’extension auprès du DHS ou quitter les États-Unis avant de solliciter une nouvelle admission depuis l’étranger.
Les nouvelles règles concernent également les journalistes étrangers titulaires d’un visa I. Alors que cette autorisation pouvait jusqu’à présent être renouvelée sur de longues périodes, sa durée sera désormais limitée à 240 jours. Une exception est prévue pour les ressortissants chinois, dont les visas seront plafonnés à 90 jours. Des demandes de prolongation resteront toutefois possibles.
Pour justifier cette réforme, le Département de la Sécurité intérieure met en avant l’augmentation continue du nombre de visiteurs relevant de ces catégories. Selon ses données, plus de 1,8 million d’entrées ont été enregistrées en 2024 au titre des visas étudiants, soit une hausse de plus de 11 % par rapport à l’année précédente.
Au cours de l’exercice budgétaire 2024, les États-Unis ont également délivré plus de 500.000 visas destinés aux participants à des programmes d’échange culturel ainsi que 37.300 visas pour les membres des médias internationaux.
Le DHS estime que cette progression complique le suivi administratif des personnes concernées pendant leur présence sur le territoire américain. L’administration affirme avoir identifié de nombreux cas d’étudiants et de participants à des programmes d’échange restés aux États-Unis pendant plusieurs décennies grâce au fonctionnement actuel des visas.
Cette nouvelle réglementation intervient dans un contexte de durcissement plus large de la politique migratoire américaine. Depuis le début du second mandat de Donald Trump, les autorités ont renforcé le contrôle des procédures d’immigration légale, notamment par la révocation de certains visas étudiants, de cartes de résident permanent (green cards) et du statut légal de centaines de milliers de migrants.
Avec cette réforme, Washington entend renforcer le contrôle de la durée de séjour des étudiants internationaux, des participants aux échanges culturels et des journalistes étrangers, tout en imposant un suivi administratif plus strict des titulaires de ces visas.

