La ville de Fès poursuit sa transformation urbaine en misant sur les technologies intelligentes. La généralisation de l’éclairage public LED a déjà permis de réduire d’environ 50 % la consommation énergétique de la ville, tandis que plus de 90 % des quartiers sont désormais équipés de cette technologie. La commune ambitionne une couverture complète d’ici la fin de l’année 2026, ou au plus tard en 2027, dans le cadre de sa stratégie de développement d’une Smart City plus sobre en énergie, plus sûre et plus connectée.
Cette avancée a été présentée par Hadaf Bennis, chef du service de l’éclairage public à la commune de Fès, lors d’une rencontre consacrée aux projets de modernisation des infrastructures urbaines sous le thème « Vers une ville de Fès intelligente, numérique et durable ».
Selon lui, le remplacement progressif des anciens luminaires par des équipements LED produit des résultats tangibles. Au-delà des économies d’électricité, cette technologie améliore la qualité de l’éclairage nocturne, réduit les coûts d’exploitation et limite les opérations de maintenance grâce à une durée de vie plus longue et à une meilleure fiabilité des installations.
La commune prévoit désormais d’aller plus loin avec la mise en place d’un système intelligent de télégestion de l’éclairage public. Cette plateforme permettra de superviser le réseau à distance, d’ajuster le fonctionnement des installations en temps réel et d’intervenir plus rapidement en cas de dysfonctionnement. L’objectif est d’améliorer la performance du service tout en maîtrisant davantage les dépenses énergétiques.
La transition numérique engagée par Fès ne se limite pas à l’éclairage public. La ville déploie également un vaste programme de vidéosurveillance intelligente destiné à renforcer la sécurité urbaine. Une première phase portant sur 700 caméras intelligentes est déjà en cours, avant un déploiement progressif qui doit porter le parc à 1.500 caméras d’ici 2030. Ces équipements ont vocation à améliorer la protection des personnes et des biens tout en accompagnant le développement des services urbains numériques.
Le secteur de la mobilité figure également parmi les priorités de la commune. Le futur réseau de transport collectif reposera notamment sur cinq lignes de bus à haut niveau de service (BHNS), appelées à constituer l’ossature des déplacements urbains et à offrir une alternative plus performante aux modes de transport actuels.
Lors de cette rencontre, Mohamed Mokhtari, chef du département de maintenance et de gestion des réseaux électriques à la Société Régionale Multiservices Fès-Meknès, a rappelé que la modernisation des réseaux électriques constitue désormais un levier essentiel pour accompagner les objectifs énergétiques du Maroc à l’horizon 2030.
Il a expliqué que les réseaux électriques classiques, conçus pour acheminer l’électricité dans un seul sens, ne répondent plus aux nouvelles réalités du secteur. Avec le développement des énergies renouvelables, les consommateurs sont progressivement appelés à produire leur propre électricité et à injecter leurs excédents dans le réseau national. Cette évolution nécessite des infrastructures plus intelligentes, capables de gérer des flux d’énergie bidirectionnels tout en garantissant la stabilité du système électrique.
Réunissant responsables institutionnels, experts et chercheurs marocains et étrangers, cette rencontre a mis en lumière le rôle croissant de l’intelligence artificielle, des technologies numériques et des réseaux intelligents dans la construction d’une ville plus durable. Pour Fès, ces investissements traduisent une stratégie de long terme visant à améliorer les services publics, renforcer l’efficacité énergétique et accompagner le développement urbain de la capitale spirituelle du Royaume.

