Après un premier semestre marqué par une croissance soutenue malgré un environnement international tendu, l’économie marocaine devrait accélérer son rythme au troisième trimestre 2026. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) anticipe une progression du produit intérieur brut (PIB) de 5,4 % en glissement annuel, soutenue par le redressement de l’agriculture, la reprise progressive des activités industrielles et le maintien d’une demande intérieure dynamique.
Une croissance plus solide malgré un contexte international sous tension
Selon le dernier Point de conjoncture publié par l’Institut national d’analyse de la conjoncture (INAC-HCP), l’économie nationale devrait gagner en vigueur au troisième trimestre grâce à un élargissement de ses moteurs de croissance.
Cette amélioration intervient alors que l’économie mondiale reste confrontée aux effets des tensions géopolitiques, à la volatilité des prix de l’énergie et aux incertitudes commerciales. Malgré ce contexte, le HCP estime que les fondamentaux de l’économie marocaine demeurent suffisamment solides pour soutenir l’activité.
La demande intérieure restera le principal moteur
Le principal soutien à cette croissance proviendrait une nouvelle fois de la demande intérieure.
Le HCP prévoit une progression de 4,9 % de la consommation des ménages, favorisée par l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural, ainsi que par des conditions de financement toujours accommodantes.
L’investissement devrait également retrouver un rythme plus soutenu, avec une hausse attendue de 11,1 %, portée par la poursuite des grands projets d’infrastructures, notamment dans les secteurs portuaire, hydraulique et routier. Dans le même temps, l’inflation resterait contenue autour de 1,2 %, offrant un environnement relativement favorable au pouvoir d’achat et aux décisions d’investissement.
L’agriculture et l’industrie devraient accélérer
Le secteur agricole continuerait d’afficher une performance exceptionnelle, avec une croissance estimée à 19,9 %, bénéficiant des bonnes conditions climatiques et de la reprise de plusieurs filières de production.
Après plusieurs trimestres plus difficiles, les activités industrielles devraient également retrouver une trajectoire positive. Les industries manufacturières profiteraient de l’amélioration progressive du commerce mondial, tandis que les industries extractives bénéficieraient d’une demande plus soutenue pour les engrais, favorisée par l’assouplissement de certaines barrières tarifaires américaines et le raffermissement de la demande en provenance de marchés comme l’Inde et le Japon.
Le secteur tertiaire conserverait, pour sa part, son dynamisme avec une progression estimée à 4,4 %, soutenue par le tourisme, le commerce et les services.
Les échanges extérieurs continueront de freiner la croissance
Malgré une reprise attendue des exportations, le commerce extérieur devrait continuer à exercer une contribution négative sur la croissance.
Les exportations de biens et services progresseraient de 10,2 %, mais cette évolution serait plus que compensée par une hausse encore plus marquée des importations (12,4 %), alimentée par la vigueur de la demande intérieure et les besoins en biens d’équipement. Le HCP estime ainsi que la contribution des échanges extérieurs resterait négative à hauteur de 2,1 points au troisième trimestre.
Des perspectives favorables, mais des risques persistent
Le HCP considère que les perspectives économiques restent globalement bien orientées, tout en soulignant que plusieurs facteurs d’incertitude demeurent.
L’évolution des tensions géopolitiques, les fluctuations des prix de l’énergie et les perturbations potentielles du commerce international pourraient peser sur l’activité économique au cours des prochains mois. À l’inverse, la reprise de l’agriculture, la résilience de la consommation des ménages et le maintien de conditions monétaires favorables constituent des atouts susceptibles de soutenir durablement la croissance marocaine.

