Le Maroc confirme son rôle central dans l’approvisionnement du marché espagnol en fruits et légumes frais. Au cours des quatre premiers mois de 2026, le Royaume s’est maintenu au rang de premier fournisseur non membre de l’Union européenne en valeur, dans un contexte marqué par une progression continue des importations espagnoles en provenance des pays tiers.
Selon les données du Département espagnol des douanes et des accises, analysées par la Fédération espagnole des associations de producteurs-exportateurs de fruits, légumes, fleurs et plantes vivantes (FEPEX), les exportations marocaines de fruits et légumes frais vers l’Espagne ont atteint 710 millions d’euros entre janvier et avril 2026, soit une hausse de 5,6 % par rapport à la même période de l’année précédente.
En volume, le Maroc a expédié 232.993 tonnes de produits frais sur le marché espagnol durant cette période. Ce résultat place le Royaume au deuxième rang des fournisseurs de l’Espagne toutes origines confondues, derrière la France et ses 494.547 tonnes, mais lui permet de conserver largement sa première position parmi les partenaires situés hors de l’Union européenne.
Cette performance intervient alors que les fournisseurs extracommunautaires renforcent leur présence sur le marché espagnol. Entre janvier et avril, les importations espagnoles de fruits et légumes frais en provenance des pays tiers ont atteint près de 896.000 tonnes, en progression de 6,5 % sur un an, pour une valeur totale de 1,503 milliard d’euros, soit une hausse de 9 %.
Au total, l’Espagne a importé 1,7 million de tonnes de fruits et légumes frais au cours des quatre premiers mois de 2026, représentant une valeur de 2,095 milliards d’euros. Comparé à la même période de 2025, le volume des importations a augmenté de 6 %, tandis que leur valeur a progressé de 4 %.
Les chiffres illustrent une évolution profonde des circuits d’approvisionnement du marché espagnol. Les fournisseurs extérieurs à l’Union européenne ont représenté 72 % de la valeur totale des importations espagnoles de fruits et légumes frais sur la période étudiée, contre 28 % pour les États membres de l’UE. En volume également, les pays tiers ont dépassé les fournisseurs européens avec 52 % des livraisons, contre 48 % pour les producteurs communautaires.
À l’inverse, les importations en provenance des pays de l’Union européenne ont connu une évolution plus modérée. Si les volumes ont légèrement progressé pour atteindre plus de 837.000 tonnes, la valeur des achats a reculé à 577 millions d’euros, traduisant une pression accrue sur les prix ou une modification de la structure des produits importés.
Dans ce nouvel équilibre commercial, le Maroc conserve une avance considérable sur ses concurrents non européens. Le Pérou occupe la deuxième place avec 183 millions d’euros d’exportations vers l’Espagne, devant le Costa Rica avec 113 millions d’euros et le Brésil avec 87 millions d’euros. Ce dernier affiche toutefois la croissance la plus rapide du groupe avec une progression annuelle de 17,5 %.
La hiérarchie des fournisseurs en volume reste différente. Derrière la France et le Maroc figurent le Costa Rica avec 141.019 tonnes, les Pays-Bas avec 105.065 tonnes et le Pérou avec 94.236 tonnes exportées vers le marché espagnol.
Pour la FEPEX, cette évolution confirme la montée en puissance des fournisseurs extracommunautaires dans l’approvisionnement de l’Espagne en fruits et légumes frais. Dans cet environnement de plus en plus concurrentiel, le Maroc consolide sa position de partenaire agricole stratégique du marché ibérique, porté par la compétitivité de ses filières, la diversification de son offre exportatrice et le développement continu de ses infrastructures logistiques.


