Au moins 25 personnes ont perdu la vie et près de 100 autres ont été blessées à la suite de violents affrontements entre détenus dans la prison de Negombo, au Sri Lanka. Les violences, qui ont éclaté dimanche avant de reprendre avec une intensité accrue lundi, figurent parmi les épisodes les plus meurtriers enregistrés dans un établissement pénitentiaire sri-lankais depuis plusieurs années.
Selon les autorités, les heurts ont opposé des prisonniers condamnés à des détenus placés en détention provisoire au sein de la prison de Negombo, située à une trentaine de kilomètres au nord de Colombo. Les premiers affrontements, survenus dimanche, avaient déjà fait deux morts et plusieurs dizaines de blessés. Mais une nouvelle flambée de violence lundi matin a considérablement aggravé le bilan, portant le nombre total de victimes à 25 morts, dont six membres du personnel pénitentiaire.
Face à la gravité de la situation, d’importants renforts policiers ont été déployés. Des unités antiémeutes équipées de matraques ainsi que les forces spéciales de la police sont intervenues pour reprendre le contrôle de l’établissement, qui accueille environ 2.400 détenus. Plusieurs secteurs de la prison restaient toutefois en cours de sécurisation alors que les autorités poursuivaient leurs opérations de contrôle.

Les blessés ont été évacués vers les hôpitaux de la région à bord de véhicules de police. D’après la direction de l’hôpital de Negombo, une centaine de personnes y ont été admises avec des blessures de gravité variable, notamment des plaies par balles, des coupures et de multiples contusions. Dix-huit patients ont dû être transférés vers un autre établissement afin de désengorger les services d’urgence.
À l’extérieur de la prison, des dizaines de proches de détenus se sont rassemblés dans l’attente de nouvelles de leurs familles. Les forces de l’ordre ont installé un important périmètre de sécurité pour empêcher toute intrusion ou débordement.
Le porte-parole du Département des prisons, Chamika Gajanayake, a indiqué que les affrontements avaient éclaté au moment de la distribution du petit-déjeuner. Selon lui, les gardiens ont tenté de s’interposer, mais plusieurs détenus se sont retournés contre le personnel avant de poursuivre les agents jusqu’aux portes de l’établissement dans une apparente tentative d’évasion.
Les premières investigations privilégient la piste de tensions liées au trafic de drogue à l’intérieur de la prison. Les autorités n’ont toutefois fourni aucun détail supplémentaire, estimant qu’il était prématuré de communiquer tant que l’enquête reste en cours.
Le ministre de la Justice et de l’Intégration nationale, Harshana Nanayakkara, s’est rendu sur les lieux après le retour au calme. Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et confirmé que certaines armes étaient tombées entre les mains de détenus au cours des affrontements, sans être en mesure d’en préciser le nombre exact. Il a également assuré que l’ensemble de la prison était désormais sous le contrôle des forces de sécurité.

L’armée sri-lankaise a été placée en état d’alerte pour soutenir la police si nécessaire. De son côté, l’armée de l’air a mobilisé un hélicoptère ainsi que plusieurs drones afin de surveiller les abords du complexe pénitentiaire. À la tombée de la nuit, des militaires appuyés par des véhicules blindés étaient déployés autour de la prison afin d’éviter toute nouvelle flambée de violence.
Ce drame rappelle les précédents épisodes meurtriers ayant marqué le système carcéral sri-lankais. En novembre 2020, une mutinerie avait coûté la vie à onze détenus. Huit ans plus tôt, une autre émeute dans une prison de Colombo avait fait vingt-sept morts. Les événements de Negombo relancent les interrogations sur la sécurité des établissements pénitentiaires et sur les tensions persistantes qui y règnent.

