La Chine passe à la vitesse supérieure dans la course mondiale à la robotique. Alors que Shanghai s’apprête à inaugurer un immense centre de formation consacré aux robots humanoïdes, Hangzhou vient déjà d’ouvrir la première école chinoise entièrement dédiée à leur apprentissage. L’objectif est clair : entraîner des machines capables d’intervenir dans des secteurs aussi variés que la logistique, le commerce, la restauration, la santé ou encore les services, tout en alimentant les futurs modèles d’intelligence artificielle grâce à des millions de données collectées sur le terrain.
À Shanghai, dans le parc technologique de Zhangjiang, un centre de plus de 5.000 mètres carrés accueillera dès cet été plus d’une centaine de robots issus d’une douzaine d’entreprises. Contrairement à un laboratoire classique, cette infrastructure reproduit des situations proches des conditions réelles de travail afin de permettre aux robots d’acquérir une expérience concrète.
Les machines y répéteront des gestes du quotidien que l’on retrouve dans les entrepôts, les magasins ou les établissements de restauration. Elles apprendront notamment à saisir et déplacer des objets, organiser des rayons, transporter des marchandises, plier des vêtements ou encore nettoyer différents équipements. Derrière ces tâches en apparence simples se cachent pourtant des défis techniques majeurs, notamment la reconnaissance d’objets, la précision des mouvements et la manipulation de matériaux souples.
L’une des particularités du centre réside dans son approche collaborative. Des robots de tailles différentes, équipés de moteurs variés, conçus selon diverses architectures et développés par plusieurs fabricants évolueront dans les mêmes environnements d’entraînement. Les données générées seront regroupées au sein d’une base commune afin d’accélérer l’apprentissage des prochaines générations de robots humanoïdes.
Les responsables du projet visent près de 50.000 points de données par jour, soit environ dix millions chaque année. À terme, cette immense base d’informations doit servir de fondation à une intelligence collective capable d’améliorer plus rapidement les performances des futurs robots, une sorte de « cerveau partagé » alimenté par les expériences de milliers d’heures d’entraînement.
En parallèle, Hangzhou, dans la province du Zhejiang, accueille déjà la première école chinoise consacrée exclusivement à la formation des robots. Ici, les élèves ne sont pas des ingénieurs mais bien des machines. Seize entreprises ont inscrit une trentaine de robots pour participer à la première session de formation.
Le programme est structuré autour de quatre grands domaines : l’ingénierie, la médecine, les arts et le sport. L’objectif est de développer des compétences polyvalentes afin que les robots puissent s’adapter à des environnements professionnels très différents.
Avant d’intégrer les cours, chaque robot est soumis à une série d’évaluations techniques destinées à vérifier la qualité de son matériel ainsi que la compatibilité de ses logiciels. Seuls les systèmes répondant aux exigences fixées par les organisateurs peuvent poursuivre leur formation.
À l’issue du programme, les robots doivent réussir des examens indépendants pour obtenir une certification attestant de leurs compétences. Chacun reçoit également un identifiant numérique unique facilitant son suivi et l’évaluation de ses performances lors de futures missions sur le terrain.
Selon Xu Songyi, vice-président du groupe Noblelift, l’ambition est de préparer des robots capables d’intervenir efficacement dans des environnements logistiques réels afin d’assister les opérateurs humains dans les activités de production et d’exploitation.
La formation ne se limite toutefois pas aux performances techniques. Les cursus intègrent également des exercices portant sur le raisonnement, la coordination motrice, l’adaptation à différents scénarios, l’esthétique des mouvements ainsi que les questions liées à la sécurité et aux principes éthiques. Les robots sont ainsi préparés à évoluer dans des contextes complexes où la précision, la fiabilité et l’interaction avec les humains deviennent essentielles.
En multipliant ces infrastructures spécialisées, la Chine confirme sa volonté de devenir l’un des principaux acteurs mondiaux de la robotique humanoïde. L’entraînement à grande échelle, associé à la collecte massive de données et aux progrès de l’intelligence artificielle, pourrait accélérer l’arrivée de robots capables d’occuper une place de plus en plus importante dans les entreprises, les services et la vie quotidienne.

