Le Groupe de la Banque mondiale et le gouvernement marocain ont adopté un nouveau Cadre de partenariat-pays (CPF) 2026-2036, une feuille de route qui guidera leur coopération au cours de la prochaine décennie. Ce programme place la création d’emplois au cœur de son action et vise à accompagner la transition du Maroc vers une économie davantage portée par le secteur privé, tout en renforçant la compétitivité, le capital humain et la résilience face aux défis climatiques.
Présenté comme l’un des partenariats les plus ambitieux conclus par l’institution financière dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, ce cadre s’inscrit dans la continuité du Nouveau modèle de développement. Il ambitionne d’accompagner le Royaume dans une transformation économique durable, capable de générer davantage d’emplois de qualité, notamment pour les jeunes et les femmes, tout en réduisant les disparités territoriales.
Cette nouvelle stratégie prolonge plus de 65 ans de coopération entre le Maroc et le Groupe de la Banque mondiale. Au fil des décennies, cette collaboration a soutenu des projets majeurs dans les infrastructures, l’agriculture, l’éducation, la santé, la protection sociale, la gestion de l’eau et la gouvernance publique. Selon l’institution, ces interventions ont contribué au renforcement des institutions marocaines et à plusieurs étapes déterminantes du développement économique du pays.
Le CPF 2026-2036 repose sur trois axes prioritaires. Le premier concerne le renforcement de la compétitivité des entreprises. Il prévoit un accompagnement des réformes destinées à améliorer le climat des affaires, simplifier les procédures administratives, lever les contraintes réglementaires, renforcer la concurrence et faciliter l’accès au financement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. L’innovation, l’entrepreneuriat ainsi que la mobilisation des investissements privés nationaux et internationaux figurent également parmi les priorités.
Le deuxième pilier vise à promouvoir un développement territorial plus équilibré. Il s’agit de renforcer la connectivité entre les régions, d’améliorer les infrastructures de transport, l’accès aux services publics, à l’eau et à l’assainissement, tout en accompagnant les collectivités territoriales dans la mise en œuvre de politiques favorisant un développement urbain durable et une meilleure intégration économique des zones rurales.
Le troisième axe est consacré au capital humain. La Banque mondiale poursuivra son soutien aux réformes engagées dans l’éducation afin de mieux adapter les formations aux besoins du marché du travail et d’améliorer la qualité des apprentissages. Le partenariat prévoit également de consolider la généralisation de la couverture sanitaire universelle, la modernisation du système de santé ainsi que l’extension de la protection sociale, considérées comme des leviers essentiels pour renforcer la productivité et réduire les inégalités.
La création d’emplois constitue le fil conducteur de l’ensemble de cette stratégie. Chaque intervention devra contribuer, directement ou indirectement, à développer les opportunités professionnelles, avec une attention particulière portée aux jeunes diplômés, aux femmes et aux populations vivant dans les territoires les moins favorisés.
Le programme intègre également plusieurs priorités transversales, notamment l’adaptation au changement climatique, la gestion durable des ressources naturelles, la transition énergétique, la transformation numérique de l’administration ainsi que le renforcement de la gouvernance publique.
Afin de mesurer l’efficacité de ce partenariat, le Groupe de la Banque mondiale s’appuiera sur des indicateurs précis portant sur le nombre d’emplois créés, les investissements privés mobilisés, l’amélioration de l’accès aux soins de santé, les progrès réalisés dans le système éducatif et le renforcement de la résilience des populations face aux risques climatiques.
Pour atteindre ces objectifs, les différentes composantes du Groupe de la Banque mondiale seront mobilisées. La Banque mondiale poursuivra le financement des réformes publiques et l’appui technique aux autorités marocaines. La Société financière internationale (IFC) intensifiera son soutien au secteur privé à travers le financement des entreprises, des infrastructures et des projets créateurs d’emplois. De son côté, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) mettra en œuvre ses mécanismes de garantie afin de réduire les risques pesant sur les investissements privés et d’encourager de nouveaux investisseurs internationaux à s’implanter au Maroc.
La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a estimé que ce cadre constitue une étape majeure dans la coopération entre le Maroc et la Banque mondiale. Selon elle, cette approche permet d’aligner les financements publics et privés, les réformes et l’expertise autour d’une vision commune, avec la création d’emplois comme priorité nationale.
Le vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan, Ousmane Dione, a souligné que l’adoption d’un partenariat sur dix ans traduit une volonté d’accompagner une transformation économique de long terme plutôt que de se limiter à des projets ponctuels. De son côté, le vice-président d’IFC pour l’Afrique, Ethiopis Tafara, a mis en avant le dynamisme de l’économie marocaine et le potentiel du secteur privé pour soutenir une croissance durable. Enfin, Ed Mountfield, vice-président et directeur financier de la MIGA, a indiqué que les garanties de l’institution contribueront à sécuriser davantage les investissements privés et à soutenir un modèle économique plus résilient.
Avec cette feuille de route couvrant la période 2026-2036, le Groupe de la Banque mondiale entend accompagner le Maroc dans une nouvelle phase de son développement économique, en misant sur les réformes structurelles, le renforcement du secteur privé et l’investissement dans le capital humain pour favoriser une croissance plus inclusive et durable.

