Le Maroc s’apprête à durcir les règles encadrant l’usage des trottinettes électriques et des autres engins de déplacement personnel motorisés sur la voie publique. Réuni jeudi 9 juillet, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de décret n°2.25.145 qui introduit de nouvelles obligations destinées à renforcer la sécurité des usagers et à limiter les comportements à risque sur les routes et dans les espaces urbains.
Parmi les principales mesures retenues figurent le port obligatoire du casque de protection, l’interdiction d’utiliser des écouteurs pendant la conduite ainsi que la limitation de la vitesse maximale autorisée à 25 km/h. Ces dispositions entreront en vigueur après la publication du texte au Bulletin officiel, qui précisera également les modalités d’application et la date effective de leur mise en œuvre.
Présenté par le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, ce décret vient compléter et modifier les dispositions du décret n°2.10.420 relatif aux règles de circulation prévues par le Code de la route marocain. L’objectif affiché est d’adapter la réglementation nationale à l’essor rapide des nouveaux moyens de déplacement individuels qui se sont multipliés ces dernières années dans les villes du Royaume.
À l’issue du Conseil de gouvernement, le porte-parole de l’Exécutif, Mustapha Baitas, a expliqué que l’interdiction des écouteurs répond à des impératifs de sécurité évidents. En privant les conducteurs de la perception des avertissements sonores provenant des autres usagers de la route, leur utilisation augmente considérablement le risque d’accident.
La limitation de la vitesse constitue également un élément central de cette réforme. Les autorités estiment que les caractéristiques techniques des trottinettes électriques et des véhicules similaires ne permettent pas une circulation à des vitesses élevées dans des espaces souvent partagés avec les piétons, les cyclistes et les automobilistes.
Cette évolution réglementaire s’inscrit dans un chantier plus large de modernisation du Code de la route marocain. Dès le 19 juin 2025, le Conseil de gouvernement avait approuvé le décret n°2.24.393 introduisant officiellement dans la législation les « véhicules de déplacement personnel motorisés » ainsi que les « vélos à pédalage assisté ».
La réglementation définit ces nouveaux engins comme des véhicules dépourvus de siège, destinés au transport d’une seule personne et ne comportant aucun équipement dédié au transport de marchandises. Ils doivent être équipés d’un système de direction ainsi que d’un moteur ou d’une assistance non thermique, tandis que leur vitesse de conception doit être supérieure à 6 km/h sans dépasser 25 km/h.
Le texte prévoit également plusieurs exigences techniques destinées à améliorer leur visibilité et leur sécurité sur la voie publique. Les engins concernés devront notamment disposer de dispositifs réfléchissants à l’arrière, d’un réflecteur blanc visible à l’avant, d’un avertisseur sonore perceptible à une distance minimale de 50 mètres ainsi que de systèmes de freinage conformes aux normes en vigueur.
Le ministère du Transport rappelle par ailleurs que l’article 49 du Code de la route impose à tout véhicule circulant sur la voie publique de faire l’objet d’une procédure d’homologation destinée à vérifier la conformité de ses caractéristiques techniques aux exigences de sécurité routière.
Avant l’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions, l’Agence nationale de la sécurité routière prévoit de lancer une campagne de communication et de sensibilisation à destination des utilisateurs de trottinettes électriques et d’autres engins similaires. Une étape jugée nécessaire alors que ces moyens de transport gagnent chaque année du terrain dans les grandes agglomérations marocaines, soulevant de nouveaux défis en matière de cohabitation entre les différents usagers de l’espace public.


