Le Maroc reste en première ligne face à la progression du criquet pèlerin en Afrique du Nord. Dans son dernier bulletin acridien publié le 7 juillet, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que la menace demeure active malgré l’ampleur des opérations de lutte engagées ces derniers mois et appelle à maintenir un niveau élevé de surveillance et d’intervention.
Selon l’organisation onusienne, le Royaume a traité 87.363 hectares au cours du mois de juin, dont 33.500 hectares par voie aérienne, soit près de 99 % des surfaces traitées dans l’ensemble de la région occidentale couvrant le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. Cette mobilisation fait du pays le principal front de lutte contre le criquet pèlerin dans la région.
La FAO observe toutefois que les traitements n’ont pas permis de stopper complètement la dynamique des populations acridiennes. Après la disparition progressive des bandes larvaires, de nombreux groupes d’adultes immatures se sont dispersés dans plusieurs régions marocaines, notamment à Tan-Tan, Guelmim, sur le littoral entre Tiznit et Agadir, dans les secteurs de Foum El Hisn et Foum Zguid ainsi qu’entre Merzouga et Errachidia.
L’organisation indique que certains de ces groupes pourraient former de petits essaims au cours des prochaines semaines, à mesure que leur maturation se poursuit. Des accouplements ont déjà été observés près d’Errachidia ainsi que sur certaines portions du littoral, signe qu’une nouvelle phase de reproduction locale pourrait s’amorcer si les conditions restent favorables.
La présence d’une végétation encore verte dans plusieurs zones du Souss, du Massa et du sud de l’Atlas continue en effet d’offrir des habitats propices au développement du criquet pèlerin. La FAO prévoit ainsi l’éclosion d’œufs encore présents dans certaines régions et n’exclut pas l’apparition d’une nouvelle génération, notamment dans le nord-est du Royaume.
Parallèlement, la majorité des groupes d’adultes immatures devrait poursuivre sa migration saisonnière vers la Mauritanie puis vers plusieurs pays du Sahel au cours des mois de juillet et d’août, où débute traditionnellement la reproduction estivale. Cette évolution place la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad sous surveillance accrue, même si aucun foyer important n’y a été signalé jusqu’à présent.
Le bulletin de la FAO souligne ainsi le rôle central joué par le Maroc dans le dispositif régional de lutte antiacridienne. Si les opérations engagées ont permis de contenir une partie de la pullulation, les prochaines semaines seront déterminantes pour limiter la formation de nouveaux essaims et éviter une extension du phénomène vers le sud du continent.


