La « campagne nationale pour le retour à l’heure légale » a annoncé, ce vendredi, le lancement officiel de sa démarche visant à déposer une pétition papier auprès du Chef du gouvernement. Portée par une mobilisation citoyenne qui a déjà dépassé les 319 000 signatures, l’initiative entend désormais s’inscrire dans un cadre strictement légal, conformément aux exigences du cadre réglementaire en vigueur.
Si ce seuil de signatures témoigne d’un soutien populaire significatif, les porteurs du projet reconnaissent que la démarche électronique initiale, menée via la plateforme Change.org, ne répond pas aux conditions prévues par la loi organique 44.14 relative aux pétitions. En effet, ce type de collecte, limité à l’identification par nom et adresse électronique, est considéré comme une simple expression citoyenne en ligne et ne peut se substituer au dispositif officiel. Celui-ci impose le recours à la plateforme nationale dédiée à la participation citoyenne, eParticipation.ma, avec la vérification complète de l’identité, notamment via la carte nationale d’identité.

Pour donner une dimension conforme aux exigences juridiques, les organisateurs ont engagé une nouvelle étape structurée. Selon les explications de Mohcine El Ouadouari , porte-parole de la commission en charge de la pétition pour le retour à l’heure GMT, une équipe centrale composée de 12 membres a été constituée. Celle-ci est articulée autour d’un coordinateur principal et de son adjoint, épaulés par d’autres membres chargés de la coordination générale.
Au-delà du noyau central, une organisation territoriale a été mise en place afin de couvrir l’ensemble du territoire. Des commissions régionales ont été désignées pour chacune des douze régions du Royaume, complétées par des coordinateurs au niveau des villes, des communes et même des quartiers et villages. Cette structuration vise à assurer une collecte de signatures mieux encadrée et plus rigoureuse, en phase avec les exigences légales.
Le calendrier établi par les initiateurs de la campagne s’étale sur plusieurs semaines. Une première phase, prévue durant la première semaine, est consacrée à la mise en place des équipes locales et à la définition des points de collecte. La deuxième étape, qui s’étend de la deuxième à la quatrième semaine, sera dédiée à la collecte effective des signatures sur support papier, dans différents points de rassemblement organisés à travers le pays. Enfin, la dernière semaine sera consacrée à un travail de vérification minutieux, destiné à s’assurer de la conformité des signatures et de la validité des données, afin d’éviter tout rejet de la pétition pour des raisons de forme ou de fond.
Cette initiative s’inscrit dans un débat récurrent au Maroc autour de l’heure légale et du retour au fuseau GMT, une question qui mobilise une partie de l’opinion publique depuis plusieurs années. En optant pour une démarche institutionnelle, les initiateurs cherchent à donner plus de poids à leur revendication, en la plaçant dans le cadre légal prévu pour les expressions citoyennes adressées aux pouvoirs publics.
Au-delà du nombre de signatures recueillies, l’enjeu réside désormais dans la capacité de la pétition à franchir les étapes administratives et juridiques nécessaires à son examen par les autorités compétentes.


