Le procès de Saïd Naciri, ancien président du Wydad de Casablanca, poursuivi dans le cadre d’un vaste dossier de trafic international lié au Malien Mohamed Benbrahim, surnommé « l’Escobar du désert », continue d’animer les audiences de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Vendredi 25 avril 2025, l’audience a été à nouveau marquée par des tensions et des rebondissements, avant d’être officiellement renvoyée au 23 mai.
Au cœur des débats, Saïd Naciri insiste pour la convocation de la chanteuse marocaine Latifa Raâfat, citée dans le dossier, ainsi que du député Abdelouahed Chouki. L’ancien dirigeant du Wydad souhaite une confrontation directe avec ces deux figures publiques. Selon ses propos, il entend répondre point par point à des éléments consignés dans les procès-verbaux, qu’il juge inexacts, voire manipulés.
Cette démarche, dans un premier temps formulée sans autorisation, avait suscité la réprobation du juge Ali Tarchi, qui avait rappelé à l’ordre l’accusé lors d’une précédente audience. Cette fois-ci, la requête semble avoir été entendue dans les formes : le juge a indiqué que la question serait examinée et tranchée lors d’une délibération à venir, ouvrant ainsi la possibilité que Latifa Raâfat soit effectivement appelée à témoigner.
L’implication de la célèbre artiste dans cette affaire reste floue, mais sa citation répétée par la défense de Saïd Naciri lui confère une place centrale dans la stratégie de ce dernier. Il affirme que des témoignages ont été influencés ou manipulés, et qu’il dispose de preuves attestant que certains témoins auraient été incités à fournir de fausses déclarations.
Le procès de Naciri s’inscrit dans un vaste dossier mêlant accusations de blanchiment, acquisition suspecte de biens immobiliers, dont une villa dans le quartier huppé de Californie à Casablanca, et implication présumée dans des activités de trafic international. L’ancien dirigeant sportif nie l’ensemble des accusations. Il maintient que la villa a été acquise en toute légalité en 2017, via une société détenue avec son fils, et qualifie l’affaire de cabale orchestrée contre lui.
La prochaine audience, prévue le vendredi 23 mai, devrait être décisive. Le tribunal devra statuer sur les demandes de confrontations formulées par la défense et poursuivre l’examen des charges portées contre l’accusé et ses co-prévenus. En attendant, la mention de Latifa Raâfat dans cette affaire judiciaire hautement médiatisée continue d’alimenter les spéculations, et pourrait bientôt la placer, malgré elle, au centre des débats.

