Le Ghana et le Nigeria souhaitent que la recrudescence des violences visant des ressortissants africains en Afrique du Sud soit examinée lors du prochain sommet de l’Union africaine (UA), prévu au début de l’année 2027. Les deux pays estiment que ces actes, qu’ils qualifient d’« afrophobie », nécessitent une réponse coordonnée à l’échelle continentale afin de mieux protéger les citoyens africains vivant hors de leur pays d’origine.
Cette initiative fait suite à une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux États. Dans une déclaration commune, ils ont dénoncé les agressions, les discours hostiles et toutes les formes de discrimination dont sont victimes des migrants africains. Les deux responsables ont également appelé au respect des principes de solidarité, de libre circulation et d’unité défendus par l’Union africaine et consacrés par l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud connaît une montée des tensions alimentée par des manifestations dénonçant l’immigration irrégulière. Plusieurs quartiers ont été le théâtre d’incidents ayant conduit à des départs massifs d’étrangers. D’après les chiffres communiqués par plusieurs gouvernements africains, environ 150 000 personnes auraient quitté le territoire sud-africain ces dernières semaines. Parmi elles figurent 1 490 Nigérians et 926 Ghanéens, rapatriés avec le soutien de leurs autorités nationales.
Les appels du Ghana et du Nigeria interviennent dans un contexte où les organisations régionales multiplient les initiatives pour prévenir les violences xénophobes et promouvoir une meilleure protection des migrants africains. Les deux pays espèrent que le débat au sein de l’Union africaine débouchera sur des mécanismes concrets de prévention, de coopération et d’assistance aux victimes.

