À Aïn Sebaâ, le programme de relogement des habitants du douar Bouih continue de susciter des tensions. Alors que ce projet devait mettre un terme aux conditions précaires du bidonville, les familles concernées dénoncent des changements de dernière minute et réclament davantage de transparence, fait savoir Al Akhbar.
Initialement, les bénéficiaires avaient été informés qu’ils recevraient des appartements situés sur le boulevard Abdelkader Sahraoui. Mais les résidents ont découvert que l’opération avait été réorientée vers la zone dite « Chichane », près de Lahraouiyine. Ce revirement a nourri un vif sentiment de frustration. Après avoir visité les logements témoins, plusieurs familles affirment que les appartements proposés ne sont pas adaptés à leurs réalités : trop petits pour accueillir des foyers souvent nombreux, et parfois jugés en deçà des standards minimaux de salubrité.
Face à cette situation, les habitants posent leurs conditions. Ils demandent des garanties concrètes avant tout déplacement : une indemnité de transition, un calendrier clair de livraison des logements, une gestion transparente du projet et une prise en considération spécifique des familles les plus vulnérables. À défaut, certains menacent de réclamer le retour à leurs terrains d’origine.
La contestation s’est traduite ces dernières semaines par des sit-in organisés sur place, les habitants rappelant que des promesses avaient été formulées lors des campagnes électorales.
Interpellé sur cette crise, Karim Glaibi, élu de la ville de Casablanca, et premier adjoint au président de la commune de Ain Sebaâ, a annoncé une initiative en cours :
« Je vous informe qu’une visite de M. le Gouverneur de la préfecture des arrondissements d’Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, ainsi que des représentants des habitants de Douar El Bouih, est prévue au site désigné pour le relogement des habitants, ce lundi prochain. Nous espérons que cette visite contribuera à trouver une solution efficace et rapide aux problèmes rencontrés. Nous restons engagés à écouter les demandes des habitants et à répondre à leurs besoins, tout en collaborant étroitement avec les autorités locales pour garantir cela. »
Cette démarche, attendue par les familles, devrait permettre de clarifier l’avenir du projet et de renouer un dialogue constructif entre les résidents et les autorités locales.


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