Le 17 juin 2025, au Salon international de l’aéronautique du Bourget, le très attendu palmarès Skytrax a mis en lumière les compagnies aériennes les plus performantes au monde. Si Qatar Airways confirme sa domination en restant au sommet, suivie de près par Singapore Airlines et Cathay Pacific, le verdict est bien moins flatteur pour Royal Air Maroc. La compagnie nationale marocaine accuse un recul de 15 places, glissant de la 55e à la 70e position. Une dégringolade qui ne passe pas inaperçue dans un secteur où chaque détail compte.
Ce classement, fondé sur les retours de plusieurs millions de voyageurs à travers le monde, évalue des critères essentiels comme le confort, le service à bord, la qualité de la restauration, la ponctualité ou encore la propreté des cabines. Le recul de Royal Air Maroc, alors que certaines compagnies africaines et européennes gagnent du terrain, soulève des interrogations sur les choix stratégiques opérés ces derniers mois. À titre d’exemple, Air France se hisse pour la première fois dans le top 10, portée par l’excellence de sa première classe et d’une offre gastronomique plébiscitée.
Malgré cette baisse sur le plan international, Royal Air Maroc conserve un statut enviable sur le continent africain. Elle se classe deuxième meilleure compagnie derrière l’incontournable Ethiopian Airlines, conservant ainsi son rôle majeur dans la connectivité régionale. Mieux encore, elle reste la seule compagnie d’Afrique du Nord à figurer dans le top 100 mondial, preuve d’un certain niveau de performance et de résilience dans un environnement particulièrement compétitif.
Toutefois, ce positionnement régional ne suffit plus à compenser les faiblesses qui entravent l’ascension globale de la compagnie. L’expérience vécue par les passagers, notamment en classe économique, reste très variable d’une ligne à l’autre. Or, les attentes ne cessent de croître, portées par des concurrents qui misent sur des cabines intelligemment pensées, une ponctualité sans faille et une attention fine portée aux besoins des voyageurs. Dans ce contexte, RAM se doit de redoubler d’efforts pour ne pas décrocher davantage.
La flotte, bien que partiellement modernisée grâce à l’introduction des Boeing 787 Dreamliner, présente encore des disparités. L’enjeu n’est plus seulement de posséder des avions récents, mais de garantir une expérience cohérente et agréable quel que soit le vol. L’innovation technologique, la montée en compétence du personnel et une politique d’investissement ambitieuse deviennent des leviers essentiels pour restaurer l’image et regagner des positions.
Dans un univers aérien en perpétuelle évolution, où les standards sont dictés par des compagnies à l’avant-garde, Royal Air Maroc est à la croisée des chemins. Son ancrage africain demeure solide, mais sans une refonte profonde de son approche client et de ses infrastructures, la compagnie risque de perdre de son influence à l’échelle mondiale.

