Montréal débloque 50 millions de dollars pour lutter contre l’itinérance, un phénomène qui ne cesse de s’aggraver depuis la pandémie. Entre explosion des loyers, crise des opioïdes et saturation des structures sociales, la métropole canadienne fait désormais face à une précarité devenue visible au cœur même de l’espace public.
La maire de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a annoncé, mercredi, que la ville canadienne va débloquer un financement de 50 millions de dollars sur deux ans pour lutter contre le phénomène des sans-abri.
“C’est du jamais-vu au niveau de la Ville. La réalité de l’itinérance évolue rapidement et les besoins augmentent. Les campements se multiplient, les citoyens nous interpellent et les équipes sont à bout de souffle”, a affirmé Ferrada lors d’un point de presse.
Le budget débloqué sera transféré aux arrondissements et au réseau communautaire dans les deux prochaines années, a précisé la responsable. “La cohabitation sociale est fragile et actuellement, dans plusieurs secteurs, elle est quasiment inexistante. […] On ne peut plus détourner le regard”, a-t-elle souligné.
Le financement sera assuré à travers le Programme d’intervention en itinérance et cohabitation sociale (PIICS), qui a pour objectif d’améliorer la prestation de certains services dans des bâtiments municipaux, en installant notamment des équipements sanitaires de base.
Une “cellule de crise” portant spécifiquement sur les campements sera aussi mise sur pied.
La métropole québécoise comptait près de 5036 sans-abri en 2025, soit une proportion de 230 sans-abri par 100.000 habitants, selon les chiffres du ministère québécois de la Santé et des Services sociaux.
Depuis le début de la pandémie du COVID-19, le nombre de sans-abri a explosé dans la province du Québec, en raison notamment de la crise du logement, de la hausse de la consommation des opioïdes et de problèmes de santé mentale.

