La décision fulgurante de Donald Trump de suspendre durablement la migration en provenance d’un ensemble de pays classés comme « Tiers-Monde » a secoué la scène internationale.
Mais un élément retient particulièrement l’attention au Maroc : le Royaume ne figure pas parmi les 19 États désormais ciblés par Washington. L’annonce intervient au lendemain d’une fusillade mortelle à Washington, dans laquelle une jeune membre de la Garde nationale a succombé à ses blessures.
Quelques heures plus tard, l’administration américaine dévoile une refonte radicale de sa doctrine migratoire. USCIS et Homeland Security ont confirmé que plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et des Caraïbes feront l’objet d’un examen renforcé de leurs dossiers, mais le Maroc ne fait pas partie des nations concernées.
Les pays visés incluent l’Afghanistan, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, le Venezuela, le Tchad, la Guinée équatoriale ou encore le Laos. Pour douze d’entre eux, l’accès au territoire américain est tout simplement suspendu. Les autres devront composer avec un durcissement drastique des critères de visa.
La décision a été catalysée par l’arrestation d’un ressortissant afghan, suspecté dans la fusillade ayant tué Sarah Beckstrom, 20 ans. Donald Trump, évoquant un « acte terroriste », a immédiatement stoppé toutes les demandes d’immigration afghanes avant d’élargir la mesure à un ensemble de pays jugés « à risque ».
Le Maroc, pour sa part, reste en dehors de cette zone de turbulence, un point qui interpelle alors que le Royaume figure régulièrement parmi les partenaires sécuritaires majeurs de Washington. Cette exclusion de la liste conforte l’image d’un allié jugé fiable, capable de répondre aux exigences de coopération et d’échange d’informations souhaitées par les États-Unis.
L’ONU a néanmoins rappelé à Washington ses obligations internationales en matière d’accueil et de protection. Plusieurs avocats spécialisés parlent d’un réflexe politique qui stigmatise des communautés entières, alors même que les motivations du suspect restent inconnues.
En toile de fond, l’usage du terme « Tiers-Monde » par l’administration américaine interroge. Il renvoie à une vision désuète et hiérarchisée du monde, qui classe encore des nations selon une grille de lecture dépassée. Une rhétorique qui ressurgit dans un contexte où la question migratoire devient un levier politique central à Washington.

