La vague de chaleur exceptionnelle qui a frappé la France depuis la mi-juin a entraîné une forte hausse des noyades mortelles. Plus de 90 personnes ont perdu la vie depuis le 19 juin, a annoncé jeudi la ministre des Sports et de la Jeunesse, Marina Ferrari, évoquant un bilan « inquiétant » directement lié aux températures extrêmes qui ont poussé de nombreux Français à rechercher de la fraîcheur dans les plans d’eau.
Ce nouveau décompte dépasse le précédent bilan officiel, qui faisait état de 74 décès par noyade enregistrés depuis le 18 juin. Invitée sur RMC, la ministre a expliqué que les accidents avaient diminué ces derniers jours avec le recul de la chaleur, confirmant selon elle le lien entre le pic caniculaire et la multiplication des drames. « Les premiers jours, il y avait beaucoup de jeunes, ensuite cela s’est réparti », a-t-elle précisé.
Marina Ferrari a toutefois insisté sur le fait qu’il n’existe « pas de profil type » parmi les victimes. Elle a rappelé que les très jeunes enfants demeurent particulièrement vulnérables et ne doivent jamais être laissés sans surveillance à proximité de l’eau. Elle a également alerté sur les comportements dangereux observés chez certains adolescents et jeunes adultes, notamment les sauts depuis des ponts ou les baignades dans des canaux et des zones non surveillées.
La ministre a par ailleurs reconnu les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses collectivités, en particulier dans les zones rurales, où le nombre de piscines diminue en raison des coûts de rénovation. Pour répondre à cette situation, le gouvernement a réorienté une partie des financements de l’Agence nationale du sport vers la modernisation et le développement des piscines, tout en travaillant à renforcer l’attractivité du métier de maître-nageur.
Dans le même temps, une réforme du brevet national de sauveteur secouriste aquatique est en préparation. Ce nouveau dispositif doit accorder davantage d’autonomie aux sauveteurs afin d’améliorer la surveillance des baignades et de soutenir les maîtres-nageurs sauveteurs. Selon Marina Ferrari, le décret devrait être publié prochainement afin que la réforme puisse entrer en vigueur dès l’année prochaine.
La ministre a également plaidé pour un développement de l’apprentissage de la nage en milieu naturel. Si les piscines permettent d’acquérir les bases de la natation, les conditions rencontrées dans les lacs, les rivières ou en mer sont très différentes et exposent les baigneurs à des risques supplémentaires, a-t-elle souligné.
En parallèle, la Fédération française de natation (FFN) a lancé une campagne nationale de sensibilisation aux risques de noyade à l’occasion des Championnats de France de natation organisés à Saint-Étienne. Baptisée « La noyade ne prévient pas », cette campagne repose sur quatre vidéos diffusées sur les réseaux sociaux afin d’alerter le public sur les principales causes des accidents : le non-respect de la signalisation, la surestimation de ses capacités physiques, le manque de surveillance dans les piscines privées ainsi que les comportements liés à la consommation d’alcool.
Cette série de noyades intervient après une canicule exceptionnelle ayant touché la France à partir de la mi-juin, avec des températures dépassant localement les 42 °C et plusieurs records de chaleur enregistrés pour un mois de juin.
Les chiffres publiés par Santé publique France illustrent une tendance préoccupante. Durant l’été 2025, 409 personnes sont décédées par noyade, soit une augmentation de 16 % par rapport à l’année précédente. Parmi les victimes figuraient 57 enfants et adolescents, rappelant que les noyades restent l’une des principales causes de décès accidentels pendant la période estivale.


