L’Algérie a officiellement annoncé le rétablissement de l’obligation de visa pour les citoyens marocains souhaitant se rendre sur son territoire, accentuant ainsi les tensions déjà vives entre les deux voisins. Ce retour aux formalités de visa, annoncé par le ministère algérien des Affaires étrangères, symbolise une nouvelle étape dans la détérioration des relations bilatérales, qui se sont progressivement dégradées depuis plusieurs années.
Autrefois, les Marocains et les Algériens jouissaient d’une libre circulation entre leurs pays respectifs. Cette liberté a cependant pris fin en 2021 avec la rupture des relations diplomatiques entre Rabat et Alger. À l’époque, l’Algérie avait déjà pris des mesures drastiques en fermant ses frontières, justifiant cette décision par des actions jugées hostiles venant du Maroc. Aujourd’hui, l’obligation de visa est réintroduite, mettant un terme à une exception de longue date.
Obligation d'obtention du #visa d'entrée au territoire national ?? pour tous les ressortissants étrangers détenteurs de passeport marocain
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— . (@APS_Algerie) September 26, 2024
Prétextes surréalistes: l’Algérie justifie l’imposition du visa aux Marocains
L’Algérie a une fois de plus choisi d’alourdir les relations déjà tendues avec le Maroc en annonçant la réinstauration de l’obligation de visa pour les détenteurs de passeports marocains. Selon l’agence de presse algérienne APS, « le gouvernement algérien a décidé de rétablir, avec effet immédiat, l’obligation d’obtention du visa d’entrée pour tous les ressortissants étrangers détenteurs de passeports marocains ». Une décision qui frappe sans distinction et qui force désormais tous les citoyens marocains à passer par la case visa pour accéder au territoire algérien.
Cette mesure, justifiée par Alger comme un impératif sécuritaire, s’inscrit dans un contexte de durcissement continu des relations diplomatiques entre les deux pays. Depuis la rupture des relations en août 2021, l’Algérie n’a cessé d’accuser le Maroc de « menacer sa sécurité nationale », pointant du doigt des supposées activités hostiles allant de la contrebande à l’espionnage, en passant par l’immigration clandestine.
Toutefois, cette nouvelle escalade n’est pas une surprise. Elle fait écho aux nombreuses manœuvres entreprises par le régime en place à Alger depuis l’arrivée au pouvoir de Tebboune et Chengriha. Pour le Maroc, cette décision traduit une volonté de renforcer un climat d’isolement et de méfiance, plutôt que de tendre la main au dialogue. Il s’agit également, selon de nombreux observateurs, d’un geste symbolique marquant le début du second mandat de Tebboune, dans une tentative de montrer sa fermeté vis-à-vis du Royaume.
L’Algérie poursuit ses absurdités contre le Maroc
Les raisons invoquées par l’Algérie pour justifier cette mesure sont graves et variées. Selon les autorités algériennes, le régime d’exemption de visa aurait été exploité à des fins malveillantes par le Royaume du Maroc. Le communiqué accuse ainsi le Maroc d’avoir facilité des activités illicites sur le sol algérien, notamment le trafic d’êtres humains, le crime organisé, la contrebande et même l’espionnage. L’Algérie va plus loin en affirmant que des agents de renseignements israéliens, détenteurs de passeports marocains, auraient utilisé ce régime pour entrer dans le pays.
La fin d’une époque
Ce retour à l’obligation de visa met fin à une période durant laquelle les citoyens des deux pays pouvaient, malgré les différends politiques, traverser les frontières sans encombre. Cette décision risque de creuser encore davantage le fossé qui sépare les deux nations, déjà opposées sur de nombreux sujets régionaux.

