En 2024, une étude menée par Arab Barometer révèle que près de 35 % des Marocains envisagent l’émigration, marquant une tendance croissante de départ en raison des difficultés économiques exacerbées par des crises successives telles que la pandémie de COVID-19, le séisme d’Al Haouz et l’inflation élevée. Cette volonté de migration est principalement orientée vers l’Amérique du Nord, avec les États-Unis et le Canada en tête, suivis par les destinations européennes comme la France, l’Espagne et l’Italie.
L’enquête indique que parmi les Marocains souhaitant quitter le pays, 26 % privilégient les États-Unis, tandis que 23 % optent pour le Canada. La France est également une destination envisagée par 23 % des répondants, et 22 % se tournent vers l’Espagne et l’Italie. Ce phénomène d’émigration s’inscrit dans un contexte régional plus large, où les citoyens des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient continuent de nourrir des projets migratoires.
Le désir de départ est particulièrement marqué parmi les jeunes et les diplômés. En effet, 55 % des Marocains âgés de 18 à 29 ans envisagent de partir, contre 24 % chez les personnes de 30 ans et plus. Comparé à d’autres pays de la région MENA, le Maroc se positionne en milieu de tableau, les taux les plus élevés étant enregistrés en Tunisie (46 %), en Jordanie (42 %) et au Liban (38 %).
Les facteurs économiques jouent un rôle clé dans cette tendance. En Jordanie, 90 % des personnes souhaitant émigrer citent des raisons économiques, tandis que 89 % en Tunisie et 72 % au Liban partagent ce motif. Au Maroc, 45 % des candidats à l’émigration évoquent des raisons économiques, tandis que d’autres recherchent de meilleures opportunités d’emploi et expriment une insatisfaction face à la situation économique actuelle.
Une autre dimension notable est la prédisposition à émigrer sans documents officiels. Au Maroc, plus de 53 % des personnes souhaitant partir sont prêtes à le faire sans autorisations nécessaires, un phénomène également observé en Mauritanie (44 %) et en Tunisie (42 %). Cette attitude est plus courante parmi les jeunes et ceux avec un niveau d’éducation inférieur. Le rapport révèle également que les hommes sont plus enclins à partir sans documents que les femmes.
L’étude montre également des variations en fonction des conditions économiques et politiques locales. Au Liban, la corruption et les préoccupations sécuritaires sont des facteurs importants du désir d’émigration, tandis qu’au Koweït, les préoccupations se concentrent sur les opportunités d’éducation. En Mauritanie et au Liban, 21 % des personnes souhaitent émigrer pour poursuivre des études, contre 18 % au Maroc.
La situation économique difficile au Maroc, combinée à des facteurs politiques et sociaux divers, pousse une proportion significative de la population à envisager l’émigration. Ce phénomène reflète une tendance régionale où les citoyens cherchent à améliorer leurs perspectives de vie par le biais de la migration.


