Le Maroc a franchi un nouveau cap en matière de solidité financière en intégrant le Top 5 africain des pays disposant des plus importantes réserves de change. Selon le dernier rapport de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), les avoirs en devises du Royaume ont atteint un niveau historique de 48,6 milliards de dollars en 2025, soit près de 491 milliards de dirhams, après une progression annuelle de 30,8 %, la plus importante enregistrée depuis 2021.
Cette performance propulse le Maroc au cinquième rang du continent, derrière la Libye (87,9 milliards de dollars), l’Afrique du Sud (75,9 milliards), l’Algérie (52 milliards) et l’Égypte (51,4 milliards). Le Royaume dépasse ainsi le Nigeria, dont les réserves sont estimées à 46 milliards de dollars, malgré le fait qu’il ne soit ni producteur ni exportateur de pétrole.
Les réserves marocaines représentent désormais près de 9,4 % du total des réserves de change détenues par l’ensemble des pays africains, évaluées à 515,2 milliards de dollars en 2025, contre 469,2 milliards un an auparavant, soit une progression continentale de 9,8 %.
Au-delà du montant atteint, le rapport d’Afreximbank souligne l’amélioration de la capacité du Maroc à faire face aux chocs économiques extérieurs. Les réserves permettent désormais de couvrir 6,2 mois d’importations, contre 5,5 mois en 2024. Ce niveau dépasse largement le seuil prudentiel de trois mois recommandé par les institutions financières internationales et reste supérieur à la moyenne africaine, établie à 4,9 mois.
Cette évolution reflète la résilience de l’économie marocaine et la consolidation progressive de ses équilibres macroéconomiques. Après un recul en 2022, où les réserves avaient diminué à 32,3 milliards de dollars contre 35,6 milliards en 2021 sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et des matières premières provoquée par la guerre en Ukraine, la tendance s’est progressivement inversée.
Les réserves sont remontées à 36,3 milliards de dollars en 2023, enregistrant une hausse de 12,4 %, avant d’atteindre 37,1 milliards en 2024. L’année 2025 marque toutefois un véritable changement d’échelle avec une augmentation de 30,8 %, l’une des plus fortes progressions observées parmi les principales économies africaines.
Selon Afreximbank, cette dynamique repose sur plusieurs moteurs de croissance qui ont renforcé les entrées de devises. Les performances des industries automobile et aéronautique, la bonne tenue des exportations de phosphates et de produits agroalimentaires, le rebond soutenu du tourisme ainsi que les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont largement contribué à cette progression. À ces facteurs s’ajoutent des flux réguliers d’investissements directs étrangers, qui continuent de soutenir les réserves du Royaume.
Le rapport estime que ce niveau élevé de réserves constitue un véritable filet de sécurité face aux fluctuations des marchés internationaux, aux tensions sur les devises et aux éventuels chocs économiques mondiaux. Il offre également au Maroc une marge de manœuvre plus importante pour préserver la stabilité de son économie et maintenir la confiance des investisseurs.
Cette évolution s’accompagne d’une modernisation de la gouvernance des flux financiers. L’Office des Changes a lancé sa stratégie 2025-2029 afin de renforcer le pilotage des mouvements de capitaux, simplifier la réglementation des opérations de change et accélérer la transformation numérique de ses services. Cette feuille de route s’inscrit dans un contexte de soutien continu des partenaires internationaux, notamment avec la perspective d’un financement pouvant atteindre 700 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement destiné à accompagner les réformes structurelles engagées par le Royaume.
En atteignant un niveau inédit de réserves de change tout en se hissant parmi les cinq premières économies africaines dans ce domaine, le Maroc confirme le renforcement progressif de ses fondamentaux économiques. Cette progression illustre la diversification croissante de ses sources de devises et consolide sa capacité à faire face aux incertitudes de l’environnement économique international.


