Le Maroc accélère la mise en place d’un système national d’alerte précoce face à l’intensification des risques climatiques. Réuni mercredi 24 juin 2026 à Casablanca, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a donné le coup d’envoi des travaux de la concertation nationale consacrée à l’initiative « Early Warnings for All » (EW4All), portée par les Nations unies. Organisée par la Direction générale de la météorologie en partenariat avec la Direction de gestion des risques naturels relevant du ministère de l’Intérieur, cette rencontre se tient du 24 au 26 juin avec l’ambition de renforcer la résilience du Royaume face aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Devant les représentants des institutions publiques, des experts et des partenaires nationaux et internationaux, le ministre a souligné que les événements climatiques sévères gagnent en fréquence, en intensité et en complexité. Selon lui, les effets du changement climatique accentuent les vulnérabilités existantes et imposent une approche davantage tournée vers l’anticipation que vers la simple gestion des crises après leur survenue.
Il a rappelé que le Maroc est directement concerné par ces mutations climatiques. Les sept années consécutives de sécheresse enregistrées dans le Royaume, ainsi que les récentes inondations ayant touché plusieurs régions, illustrent une réalité qui pèse déjà sur les ressources hydriques, la sécurité alimentaire, les infrastructures, l’agriculture et l’économie nationale. Ces phénomènes ont également des conséquences directes sur les conditions de vie des populations, en particulier dans les zones les plus exposées.

Face à ces défis, Nizar Baraka a mis en avant les efforts engagés sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour renforcer les capacités nationales de prévention et de gestion des risques naturels. Ces actions se traduisent notamment par le développement continu des moyens de la Direction générale de la météorologie, la modernisation des infrastructures hydrauliques, l’amélioration des dispositifs de protection civile et la mise en œuvre de la stratégie nationale de gestion des risques de catastrophes naturelles.
Le ministre a également rappelé que ces avancées ont permis au Maroc de consolider sa position parmi les acteurs de référence en Afrique dans les domaines de la météorologie, des services climatiques et du renforcement des compétences. Casablanca accueille d’ailleurs plusieurs centres régionaux relevant de l’Organisation météorologique mondiale, confirmant le rôle croissant du Royaume dans ce secteur stratégique.
Au cours de son intervention, Nizar Baraka a insisté sur le fait que l’efficacité d’un système d’alerte précoce ne dépend pas uniquement de la qualité des prévisions scientifiques. Elle repose sur une chaîne complète intégrant l’identification des risques, les mécanismes de surveillance et de prévision, la diffusion rapide et fiable de l’information ainsi que la capacité de réaction des autorités et des citoyens. L’objectif, a-t-il expliqué, est de garantir que l’alerte parvienne à la bonne personne, au bon moment et dans un format compréhensible permettant une prise de décision rapide.
Le ministre a identifié deux leviers majeurs pour réussir cette transformation. Le premier concerne la gouvernance, avec la nécessité de renforcer la coordination entre les institutions, d’encourager le partage des données et d’harmoniser les procédures afin de construire une architecture nationale cohérente. Le second porte sur le financement, qui implique la mobilisation continue des ressources nationales et le renforcement de la coopération avec les partenaires techniques et financiers internationaux.
Nizar Baraka a plaidé pour une approche fondée sur l’innovation, les technologies numériques, l’intelligence artificielle et les systèmes d’information géographique. Il a également insisté sur l’importance de rendre les dispositifs d’alerte accessibles à l’ensemble de la population, notamment aux groupes les plus vulnérables, aux habitants des zones rurales, aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap. Les travaux de cette concertation nationale devraient déboucher sur une feuille de route définissant les priorités, les échéances et les indicateurs de suivi nécessaires à la construction d’un système d’alerte précoce plus performant et plus inclusif au Maroc.


