Sous le ciel étoilé de la cité ocre, le Palais El Badi a retrouvé ce soir ses habits de lumière pour accueillir l’ouverture éclatante de la 54e édition du Festival National des Arts Populaires. Un moment suspendu, à la croisée du temps, où les échos d’hier s’unissent aux pulsations du présent pour offrir un voyage féerique au cœur des traditions marocaines.
Transformé en scène monumentale, l’ancien palais a vibré au rythme des tambours, des pas de danse et des chants venus des quatre coins du Royaume. Les spectateurs, nombreux, ont été transportés par un kaléidoscope de spectacles où chaque région a apporté sa couleur, son souffle et son identité : de la rokba du Sud-Est aux cadences hypnotiques des ahwach du Souss, en passant par l’énergie de l’ahidous de l’Atlas, les incantations des aïssawa, les musiques gnawa, ou encore les danses champêtres des moissonneurs. Une mosaïque de sons et de gestes qui raconte, avec éclat, l’âme plurielle du Maroc.
Une ouverture riche de sens et d’hommages
Dans une allocution empreinte de gratitude, Mohamed Khnidiri, directeur du festival et président de l’Association Grand Atlas, a salué le lancement de cette nouvelle édition, placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a rappelé que ce rendez-vous, fort de la participation de plus de 700 artistes, incarne bien plus qu’un simple événement : il est un hommage vivant aux porteurs de notre mémoire, un espace de transmission et de reconnaissance, et un acte d’amour envers les racines profondes de notre culture.
Il a tenu à remercier tous les partenaires institutionnels, collectivités et acteurs locaux qui rendent ce projet possible, soulignant que c’est grâce à la synergie collective que cette grande célébration continue de rayonner, année après année, comme un phare culturel dans la Méditerranée.
L’émotion au rendez-vous : hommage aux pionniers
Moment fort et chargé d’émotion : plusieurs figures emblématiques de l’art populaire marocain ont été honorées en ouverture du festival. Des artistes de l’ombre, souvent méconnus du grand public, mais dont le talent et la fidélité ont jalonné les premières heures de cette aventure culturelle. À travers eux, c’est toute une génération de gardiens de la mémoire qui a été saluée.
Une fête qui investit toute la ville
Tout au long de la semaine, Marrakech deviendra une scène à ciel ouvert, avec des spectacles quotidiens organisés dans divers lieux emblématiques : la place Moulay El Hassan, la place El Guergarat dans le quartier Massira, ou encore le cinéma Art 7 à Agdal. Une programmation itinérante pour mieux faire rayonner la diversité artistique aux quatre coins de la ville.
7 juillet : une “Nuit des Étoiles” aux accents panafricains
Le 7 juillet, le festival vivra l’un de ses moments phares avec la “Nuit des Étoiles”, une soirée mêlant rythmes ancestraux et vibrations contemporaines. Les musiques gnawa dialogueront avec les sonorités d’Afrique subsaharienne dans un grand concert célébrant les liens profonds qui unissent le Maroc à son continent. À cette occasion, la chanteuse Saïda Charaf sera mise à l’honneur pour l’ensemble de son parcours artistique, dans une ode à la créativité féminine et à la transmission de l’héritage musical.
Marrakech, cœur battant de l’identité marocaine
Ce festival rappelle une fois encore que Marrakech n’est pas seulement une destination touristique, mais un véritable sanctuaire de la culture vivante. Ici, les danses, les chants, les costumes, les traditions sont bien plus qu’un folklore : ils sont l’expression vibrante d’une nation, de son histoire, et de son génie collectif. Le Festival National des Arts Populaires est bien plus qu’un rendez-vous annuel – c’est une déclaration d’amour au Maroc profond, un chant d’unité et de fierté qui se perpétue de génération en génération.

