Le ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO) vient d’élargir sa liste de vigilance sanitaire liée aux intoxications au méthanol, y ajoutant onze pays fréquemment visités par les touristes britanniques, dont le Maroc.
Une décision qui interroge, tant par son timing que par ses critères, et qui appelle un décryptage attentif pour les voyageurs comme pour les acteurs du tourisme national
Selon cette mise à jour, l’Inde, la Malaisie, l’Iran, la Jordanie, le Malawi, le Bangladesh, le Népal, la Libye, le Rwanda, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Maroc rejoignent désormais la liste des destinations où des cas d’intoxications au méthanol ont été signalés. Le Royaume-Uni en appelle à la prudence de ses ressortissants, évoquant une hausse d’incidents liés à la consommation d’alcool contaminé, souvent vendu en dehors des circuits réglementés
Une intoxication qui se propage, mais que sait-on réellement du Maroc ?
Le méthanol, substance toxique utilisée notamment dans les solvants, est parfois ajouté illégalement à des boissons alcoolisées pour réduire les coûts de production. Invisible, sans goût ni odeur, il peut provoquer en quelques heures des troubles sévères : nausées, confusion, troubles de la vision, voire décès.
Mais la question demeure : cette problématique est-elle réellement prévalente au Maroc ?
Aucun signal officiel n’a été émis récemment par les autorités sanitaires marocaines concernant une hausse d’intoxications liées au méthanol, ni par les établissements touristiques réglementés. D’où un besoin de clarification. Le Maroc figure-t-il par excès de prudence sur une liste élargie, ou à cause de cas isolés non médiatisés ?
Quel impact pour le tourisme marocain ?
Le classement dans une liste de vigilance sanitaire peut susciter des inquiétudes, notamment alors que le secteur touristique marocain poursuit sa dynamique post-2023. Le signal envoyé par Londres pourrait-il influencer les comportements des touristes britanniques, traditionnellement fidèles au Royaume ?
Il convient de rappeler que les établissements touristiques marocains : hôtels, bars, restaurants licenciés; sont strictement régulés. Le risque se situe principalement dans la consommation de produits alcoolisés provenant de circuits informels, un phénomène qui, bien que marginal, existe dans plusieurs régions du monde, y compris chez des destinations réputées sûres.
Des questions qui s’imposent
Cette mise à jour britannique soulève une série d’interrogations légitimes :
– Londres dispose-t-il de données précises concernant des cas récents au Maroc, ou s’agit-il d’une mesure préventive élargie ?
– Les autorités marocaines ont-elles été informées de ce classement et prévoient-elles une communication pour éviter tout amalgame ?
– Comment garantir que cette alerte ne nuise pas injustement à l’image d’un secteur touristique déjà fortement contrôlé ?
Ce que cela change réellement pour les voyageurs
Le Foreign Office souligne que les risques concernent surtout :
• les boissons alcoolisées non scellées vendues hors circuits officiels
• les alcools artisanaux d’origine inconnue
• les cocktails très bon marché dans des lieux non licenciés
Or, ces situations sont extrêmement marginales dans les zones touristiques marocaines, où hôtels, restaurants et bars agréés disposent d’un cadre réglementaire strict.
Pour les voyageurs britanniques, l’avertissement vise donc davantage la prudence individuelle que la situation spécifique du Maroc
Quels enjeux pour l’image touristique du Royaume ?
Cette mise à jour soulève naturellement des interrogations :
• Risque-t-elle d’affecter l’attractivité du Maroc auprès des Britanniques ?
• Le Royaume doit-il réagir officiellement pour clarifier l’absence de problèmes structurels ?
• Comment éviter que cette alerte globale soit perçue comme un signal négatif isolé ?
Pour de nombreux professionnels du tourisme, il s’agit davantage d’une note technique que d’un jugement sur la sécurité des visiteurs. Mais l’expérience montre que ces avertissements, même généraux, peuvent influencer la perception du public
Rappel des symptômes et mesures de prévention
Le FCDO invite ses ressortissants à :
• privilégier les boissons scellées et vendues dans les établissements licenciés
• éviter l’alcool artisanal ou les cocktails « maison » non identifiés
• consulter immédiatement un médecin en cas de nausées persistantes, confusion, troubles de la vision ou vertiges après consommation d’alcool
L’ajout du Maroc dans cette liste ne reflète pas une problématique propre au Royaume mais s’inscrit dans une extension générale de pays concernés par des risques très localisés de méthanol dans certaines zones touristiques mondiales
La question demeure toutefois essentielle pour notre pays : comment préserver l’image d’une destination sûre, ce qu’elle est tout en répondant à des avertissements internationaux parfois perçus comme stigmatisants ?

