La justice marocaine a décidé de restreindre la liberté de mouvement de Mustapha Lakhsem, président de la commune d’Imouzzer Kandar et ancien champion du monde de kick-boxing. Le juge d’instruction auprès de la Cour d’appel de Fès a prononcé une interdiction de sortie du territoire à son encontre, dans le cadre d’une enquête portant sur la gestion des agents temporaires au sein de la commune.
Affilié au parti du Mouvement Populaire, l’élu local demeure toutefois en liberté provisoire après avoir versé une caution de 20 000 dirhams. L’audience, qui s’est tenue ce lundi, a été levée après l’ouverture de l’instruction détaillée, et la procédure reprendra le 19 mai prochain.
L’affaire trouve son origine dans une plainte collective déposée par plusieurs conseillers communaux auprès du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Fès. Les élus accusent le président de mauvaise gestion des deniers publics, ainsi que d’irrégularités dans le traitement des dossiers des employés recrutés temporairement.
Mustapha Lakhsem avait déjà annoncé, en mars dernier, son intention de quitter ses fonctions, dénonçant un environnement institutionnel bloqué, selon lui responsable du gel de nombreux projets de développement dans la ville. Il avait exprimé sa frustration à travers une vidéo diffusée sur Instagram, estimant que les autorités locales s’opposaient à sa vision, au détriment de l’intérêt de la population.
Il a précisé que sa démission officielle serait déposée le 1er octobre prochain, une fois certains projets achevés et les contentieux judiciaires en cours réglés. L’homme politique souhaite ainsi quitter ses responsabilités la conscience tranquille, en se déclarant « propre de tout reproche ».

