Dans son nouveau livre, Nicolas Sarkozy rapporte un échange téléphonique avec Sa Majesté le Roi Mohammed VI, survenu à la veille de son incarcération en France.
L’ancien président évoque un message de soutien personnel du Souverain marocain, illustrant une relation politique et humaine qui dépasse les mandats et les conjonctures judiciaires. Le Journal d’un prisonnier, publié le 10 décembre aux éditions Fayard, revient sur les trois semaines de détention qu’a connues Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé, un événement inédit pour un ancien président de la République française. Au fil des pages, l’auteur décrit les dernières heures qui ont précédé son incarcération, notamment un appel émanant de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Le Souverain y aurait exprimé un soutien direct et personnel, un geste que l’ancien président présente comme particulièrement marquant dans un moment de rupture politique et judiciaire.
Ce témoignage donne un éclairage nouveau sur une relation de longue durée entre l’ancien chef de l’État français et le Maroc. Nicolas Sarkozy y évoque une admiration assumée pour le leadership du Roi Mohamed VI et rappelle ses nombreux séjours au Royaume, où il entretient des liens historiques dans les milieux institutionnels et économiques. Son entourage partage cet attachement, notamment à Marrakech, devenue au fil des années l’une des destinations favorites de ses enfants.
Condamné en première instance le 25 septembre à cinq ans de prison assortis d’une amende de 100 000 euros, Nicolas Sarkozy a immédiatement interjeté appel. La procédure sera examinée par la cour d’appel de Paris entre le 16 mars et le 3 juin 2026. L’ancien président maintient sa défense, jugeant les accusations infondées et estimant faire face à un dossier sans substance. Ce bras de fer judiciaire, dont l’issue reste incertaine, a replacé l’ancien président au centre d’un débat public sensible en France.
Pour le Maroc, le récit publié dans cet ouvrage met en avant un élément constant de la diplomatie royale : une capacité à maintenir des liens personnels et stratégiques avec des responsables internationaux de premier plan, indépendamment des contextes politiques internes. Nicolas Sarkozy s’était d’ailleurs rendu au Royaume en 2023 pour présenter son précédent ouvrage, signe d’une relation enracinée dans le temps.
L’ancien président affirme que plusieurs dirigeants africains ont également manifesté leur souhait de lui témoigner leur soutien avant son incarcération, révélant l’écho continental d’une affaire conçue à l’origine comme strictement française. Un détail qui illustre la portée diplomatique que conserve Nicolas Sarkozy sur le continent, et la place singulière occupée par le Maroc dans ce réseau d’influence.

