Le Maroc se lance dans une nouvelle phase de sa stratégie de finance climat avec un plan ambitieux à l’horizon 2030. Le ministère de l’Économie et des Finances, en collaboration avec Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité marocaine du marché de capitaux (AMMC), et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), a dévoilé une stratégie destinée à renforcer le rôle du secteur financier dans la transition écologique du pays. Cette initiative vise à surmonter les défis identifiés dans la feuille de route de 2016, établie lors de la COP22 à Marrakech.
La nouvelle stratégie repose sur trois grands axes d’intervention, déclinés en neuf domaines stratégiques. Ces axes ont pour objectif principal de dynamiser la mobilisation des financements privés en faveur des projets climatiques et d’améliorer la gestion des risques climatiques au sein du secteur financier. Le plan met l’accent sur l’identification des leviers nécessaires pour attirer des investissements privés et renforcer la résilience financière face aux enjeux environnementaux.
Pour garantir la mise en œuvre effective de cette stratégie, une gouvernance adaptée sera instaurée. Cette gouvernance impliquera les parties prenantes des secteurs public et privé, avec la création d’instances spécifiques pour suivre et coordonner les actions. Cette approche collaborative vise à répondre aux divers enjeux du déploiement de la stratégie et à assurer un suivi rigoureux de ses progrès.
Le diagnostic préalable à la stratégie a révélé que le financement climatique au Maroc provient majoritairement du secteur public. Les fonds sont principalement orientés vers des projets d’atténuation, notamment la production d’énergies renouvelables. Les initiatives d’adaptation, bien que cruciales, attirent moins de capitaux privés, à l’exception notable du secteur de dessalement de l’eau de mer.
Le rapport de diagnostic a également mis en lumière un déséquilibre entre l’offre et la demande d’instruments financiers verts au Maroc. Il a souligné l’absence de définition claire des projets verts (taxonomie) et le manque de données de qualité pour guider les décisions des investisseurs. Ces lacunes freinent le développement des financements verts et nécessitent des mesures correctives pour aligner l’offre sur les besoins du marché.
?Le Ministère chargé des finances et les autorités de régulation adoptent une nouvelle Stratégie de la finance climat à l’horizon 2030.
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— Ministère de l’Economie et des Finances (@financesmaroc) September 13, 2024
Les autorités marocaines ont ainsi développé une vision commune pour accélérer la transition verte, en s’appuyant sur les acquis de la feuille de route de 2016. Cette vision se traduit par un engagement fort pour mobiliser les capitaux nécessaires à la réussite de la transition écologique et à la lutte contre le changement climatique.
Le secteur financier marocain est appelé à jouer un rôle clé dans cette transition, devant s’adapter pour répondre aux besoins croissants en financement des projets verts. Cette nouvelle stratégie représente un tournant majeur dans l’engagement du Maroc à mobiliser les capitaux nécessaires pour atteindre ses objectifs climatiques, tout en assurant un avenir durable pour le pays.

