Dimanche soir, le parquet de Rabat a ordonné l’ouverture d’une enquête visant Ibtissam Lachgar, âgée de 50 ans, à la suite de la diffusion, sur ses réseaux sociaux, d’une image la montrant vêtue d’un tee-shirt portant des mots offensants envers Dieu. La photo était assortie d’un texte considéré comme une attaque explicite contre l’islam.
Saisie par le ministère public, la Brigade nationale de la police judiciaire est intervenue pour procéder à l’interpellation de l’intéressée. Celle-ci a été placée en garde à vue dans le cadre des investigations, les autorités judiciaires précisant que les suites légales seront engagées selon les conclusions de l’enquête.
La diffusion de cette publication a déclenché une vive tempête sur les réseaux sociaux, alimentée par de nombreux signalements et commentaires dénonçant un « acte blasphématoire ». Les critiques se sont multipliées en ligne, renforçant la pression autour de l’affaire.
Ramid dénonce une action « préméditée »
Réagissant sur Facebook, l’ancien ministre de la Justice, El Mostapha Ramid, a condamné l’initiative, la qualifiant d’« offense intentionnelle à la divinité ». Bien qu’il ait déclaré s’opposer à une censure systématique des opinions, il a insisté sur le fait que les atteintes délibérées aux symboles sacrés de la religion ne sauraient être tolérées.
Il a rappelé que l’article 267.5 du Code pénal sanctionne sévèrement les atteintes aux constantes religieuses inscrites dans la Constitution, soulignant que, si les propos reprochés à Lachgar sont confirmés, il s’agirait d’une insulte directe à Dieu, nécessitant des poursuites judiciaires.
Cette prise de position intervient alors que la pseudo « militante » est accusée d’avoir, sur la plateforme X (ex Twitter), qualifié l’islam de religion « fasciste, patriarcale et oppressive envers les femmes », des déclarations qui, ajoutées à la photo polémique, ont alimenté un flot de réactions indignées dans tout le pays.
En septembre 2022, Ibtissam Lachgar avait déjà provoqué des réactions en publiant une photo portant le même tee-shirt. Elle expliquait alors que ce vêtement était un clin d’œil à une affaire en Iran, où deux femmes avaient été condamnées à mort en raison de leur orientation sexuelle. Selon elle, l’indignation ne devait pas se concentrer sur les mots inscrits sur le tissu, mais sur la gravité de la sentence infligée à ces deux Iraniennes.
Militante connue pour son engagement en faveur des libertés individuelles, fondatrice du mouvement MALI, elle a également revendiqué publiquement son athéisme.

