Le Conseil de gouvernement a donné son feu vert jeudi à un projet de décret majeur visant à réformer les établissements universitaires à accès régulé. Ce texte, présenté par Azzedine El Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, introduit des changements importants destinés à moderniser le système universitaire marocain, renforcer la reconnaissance des diplômes et valoriser les compétences des étudiants.
Le décret n° 2.25.456, qui modifie et complète le décret initial de 2004, instaure un nouveau cadre pour les formations universitaires, les cycles d’études supérieures ainsi que les diplômes nationaux délivrés. Parmi les innovations principales, figure l’intégration officielle de la formation hybride : les cours continueront d’être majoritairement en présentiel, mais l’apprentissage à distance et en alternance – combinant enseignement en université et expérience en entreprise – seront désormais encadrés par des textes législatifs clairs. Cette évolution vise à offrir plus de flexibilité aux étudiants tout en s’adaptant aux pratiques pédagogiques contemporaines.
Autre avancée notable, l’adoption d’un système unifié de crédits dans tous les cycles de formation des établissements à accès régulé. Ce dispositif, calqué sur celui déjà en vigueur dans les universités à accès ouvert, permet à l’étudiant de capitaliser ses modules validés sans avoir à les repasser. Cette standardisation facilitera la mobilité académique, tant à l’échelle nationale qu’internationale, en garantissant une meilleure reconnaissance des acquis.
Pour valoriser davantage le parcours de chaque étudiant, une annexe au diplôme accompagnera désormais chaque diplôme national. Ce document officiel mettra en lumière les activités extra-académiques réalisées, ainsi que les compétences numériques et linguistiques acquises. Cette mesure concrétise une volonté de reconnaître l’ensemble des savoir-faire développés durant les études, bien au-delà des seules connaissances théoriques.
Le projet prévoit également l’uniformisation des modèles de diplômes, qui seront fixés par arrêté ministériel afin d’assurer une cohérence entre toutes les universités marocaines. Ce standard renforcera la lisibilité des diplômes à l’international, un enjeu crucial dans un contexte de globalisation croissante.
Une précision supplémentaire concerne les écoles supérieures de Technologie, où une distinction sera désormais opérée entre la licence professionnelle et le Bachelor. Cette séparation vise à aligner la formation professionnelle sur les standards internationaux et à mieux répondre aux besoins du marché du travail.
Mustapha Baitas, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, a souligné lors du point de presse que ces mesures répondent à une double ambition : moderniser l’offre éducative et valoriser le profil des jeunes diplômés afin d’améliorer leur insertion professionnelle.
Ces réformes s’inscrivent dans une démarche d’harmonisation et de renforcement des diplômes marocains, tout en répondant aux attentes des étudiants, des employeurs et des institutions internationales. Le système universitaire marocain franchit ainsi une étape importante vers une meilleure adaptation aux défis du XXIe siècle.

