Elles ne sont ni totalement baskets ni tout à fait ballerines, mais une fusion des deux. Baptisées « sneakerinas » ou « ballet sneakers », ces chaussures hybrides ont conquis les podiums, les réseaux sociaux et les pavés urbains en un éclair. Incarnant un nouvel équilibre entre allure sportive et raffinement discret, elles s’imposent comme les reines inattendues de l’été 2025. Leur ascension fulgurante, portée par des célébrités comme Dua Lipa et Bella Hadid, révèle une évolution des attentes stylistiques contemporaines : la quête d’une élégance confortable, sans compromis sur l’originalité.
Visuellement, la sneakerina intrigue. Elle reprend la silhouette gracieuse des chaussons de danse classique – avec une ouverture délicate sur le dessus du pied – et l’associe à une semelle inspirée de la course à pied, plus ou moins épaisse. Résultat : une chaussure caméléon, à mi-chemin entre studio de danse et bitume, qui bouleverse les repères classiques de la mode urbaine. Cette union singulière de légèreté et de robustesse séduit un public en quête de pièces fortes mais portables au quotidien.
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Du côté des créateurs, le phénomène n’a pas tardé à être embrassé. Acne Studios, Cecilie Bahnsen en collaboration avec Asics, Rombaut ou encore Miista : tous ont proposé leur interprétation de cette silhouette hybride. Même les grandes maisons du luxe y ont succombé, tandis que des enseignes plus accessibles comme Decathlon offrent déjà des modèles à moins de 20 euros. Chez Puma, les Speedcat Ballet Shoes connaissent un second souffle, notamment grâce à la visibilité offerte par Dua Lipa, devenue ambassadrice de ce modèle initialement lancé en 1999.
Mais comment expliquer cet engouement soudain ? Plusieurs observateurs y voient l’influence du mouvement « balletcore », une tendance romantique inspirée de l’univers de la danse : collants blancs, jupes plissées et désormais, chaussures façon chaussons de scène. Sur TikTok, le hashtag #balletcore dépasse les 100 000 publications, témoignant d’un réel engouement. Pour d’autres, la sneakerina symbolise le retour des ballerines, ces souliers longtemps délaissés mais réhabilités par des griffes avant-gardistes comme The Row, la marque fondée par les sœurs Olsen.
@itskatecindy_ugc In my ? ballet-core era with my new @VIVAIA Cristina Sneakerina – the exact pair that Bella Hadid wore! ? #VIVAIA #VIVAIAChallenge #BellaInVIVAIA #bellahadid #balletcore ♬ original sound – lea
Au-delà de son aspect esthétique, la sneakerina traduit une volonté d’oser autrement. Joy Montgomery, journaliste chez British Vogue, souligne dans The Guardian la dimension provocatrice de cette chaussure. En référence à la théorie de la « mauvaise chaussure » de la styliste Annabelle Bronstein, elle évoque cette volonté de briser les codes en portant une paire inattendue avec une tenue plus conventionnelle. Portée avec un tailleur, une robe formelle ou même un pantalon en lin, la sneakerina offre un twist audacieux, un accent de désinvolture qui modernise l’ensemble.
Fait rare : cette tendance touche aussi la mode masculine. Camper propose des modèles aux semelles XXL pensés pour les hommes, tandis que New Balance repousse encore les frontières du style hybride avec ses 1906 Loafer, qui adoptent l’esthétique du mocassin tout en conservant l’ADN de la sneaker.
Plus qu’une simple tendance éphémère, la sneakerina incarne une vision moderne de la féminité : libre, agile et affranchie des règles strictes. Elle reflète une époque où le confort s’allie enfin à l’élégance, sans jamais sacrifier la créativité, et nous invite à adopter une mode plus fluide et audacieuse.

