La crise alimentaire continue de s’aggraver au Soudan du Sud. D’après les dernières évaluations de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire, environ 7,8 millions d’habitants devraient faire face à des conditions alimentaires critiques entre avril et juillet 2026.
Ce niveau représente une progression notable par rapport aux estimations de fin 2025, avec plusieurs centaines de milliers de personnes supplémentaires basculant dans l’insécurité alimentaire. Parmi elles, près de 73 000 individus sont désormais classés au niveau le plus alarmant, celui de la catastrophe, caractérisé par des situations proches de la famine, où la survie même est en jeu.
Dans le même temps, environ 2,5 millions de personnes se trouvent en situation d’urgence, confrontées à des pénuries sévères et à des taux particulièrement élevés de malnutrition aiguë. À cela s’ajoutent plus de 5 millions d’individus en phase de crise, contraints d’adopter des stratégies précaires pour subvenir à leurs besoins essentiels, souvent au détriment de leur avenir.
La détérioration ne se limite pas à l’accès à la nourriture. L’état nutritionnel global du pays s’est fortement dégradé, notamment chez les populations les plus vulnérables. On estime désormais à plus de 2,2 millions le nombre d’enfants de moins de cinq ans nécessitant une prise en charge pour malnutrition aiguë, en nette hausse par rapport aux données précédentes. Les femmes enceintes ou allaitantes ne sont pas épargnées, leur nombre nécessitant un suivi nutritionnel ayant également augmenté.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette situation critique. Les conflits persistants et les déplacements massifs de populations désorganisent les activités agricoles et les circuits de distribution. À cela s’ajoutent des difficultés d’accès pour les acteurs humanitaires, certaines zones restant isolées pendant de longues périodes, ainsi qu’une inflation des prix alimentaires qui fragilise davantage les ménages.
L’environnement sanitaire accentue encore la crise. La propagation de maladies, le manque d’accès à l’eau potable et à des infrastructures d’assainissement adéquates, ainsi que le sous-financement chronique des programmes humanitaires contribuent à aggraver une situation déjà extrêmement précaire.
Le risque est réel de voir une part croissante de la population basculer dans des niveaux encore plus critiques d’insécurité alimentaire dans les mois à venir.

