Le gouvernement marocain impose un cadre strict au transport funéraire. Un arrêté ministériel conjoint, signé par Abdelouafi Laftit et Amine Tahraoui, et publié au Bulletin officiel n° 7482, redéfinit en profondeur les règles encadrant l’inhumation, le transport et l’exhumation des dépouilles au Maroc. Objectif affiché : mettre fin aux disparités entre villes, renforcer les normes sanitaires et garantir la dignité des défunts dans tout le Royaume.
Désormais, les véhicules de transport des morts devront répondre à des critères techniques précis. La carrosserie ne pourra comporter que la mention « Transport des morts », accompagnée de deux bandes vertes latérales et de l’identification claire du propriétaire, qu’il s’agisse d’une personne physique, d’une commune ou d’une administration. Toute inscription à caractère religieux, y compris les versets coraniques ou la profession de foi, est proscrite afin d’instaurer une neutralité visuelle et d’éviter toute forme de distinction confessionnelle dans l’espace public.
Sur le plan technique, le compartiment réservé au cercueil devra mesurer au minimum deux mètres de long et 70 centimètres de large. Il devra être équipé d’un système de réfrigération maintenant une température adaptée durant tout le transport funéraire, de vitres teintées non ouvrables, d’un dispositif lumineux, d’un gyrophare et d’un avertisseur sonore. Une civière lavable d’au moins 2,20 mètres est également exigée. Les véhicules devront être désinfectés et stérilisés après chaque utilisation.
Le texte impose aussi une visite technique spécifique aux véhicules funéraires, un contrôle médical périodique pour les conducteurs et une formation du personnel axée sur l’hygiène, le professionnalisme et le respect de la dignité humaine. En cas d’épidémie, des protocoles particuliers pourront être appliqués afin de protéger la santé publique.
Cette réforme du secteur funéraire s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation des services publics, d’harmonisation nationale et d’alignement sur les standards internationaux de sécurité sanitaire. Si la suppression des symboles religieux suscite un débat au sein de l’opinion, les autorités mettent en avant la préservation de la dignité des défunts, l’égalité entre citoyens et la consolidation du vivre-ensemble au Maroc.

