Dans le Complexe Culturel Anfa vibrant d’émotion, le Festival International du Théâtre de Casablanca a offert, ce vendredi 23 mai, une soirée mémorable consacrée à l’art comme acte de résistance. Deux moments forts, entre échange intellectuel et performance sensible, ont marqué les esprits et rappelé la puissance du verbe face aux violences du monde.
La conférence intitulée « Théâtre engagé et poésie palestinienne : Voix de résistance et d’humanité » a réuni des figures majeures de la scène marocaine : Mahmoud Chahdi, Amal Ayouch, Mahmoud Chahdi et Yassine Ahajjam. Ensemble, ils ont interrogé le rôle du théâtre dans les luttes contemporaines, l’urgence de dire, de transmettre et de faire entendre les voix étouffées.
L’émotion était palpable. Les intervenants ont évoqué, chacun à leur manière, la manière dont le théâtre transcende les frontières du silence, comment il donne corps aux douleurs collectives et permet à la poésie, notamment celle de la Palestine, de se faire cri et mémoire. Entre souvenirs de scènes engagées et réflexions sur l’esthétique du combat, la parole a circulé, libre et lucide.
Le public s’est ensuite installé dans un silence recueilli pour découvrir « On t’oubliera », un seul-en-scène porté par le talent de Faouzi Bensaïdi. Seul sur scène, mais habité par les mots de Mahmoud Darwich, le comédien et cinéaste a livré une performance d’une intensité rare. Sa voix, tour à tour grave et douce, a déroulé les vers du poète palestinien comme un fil tendu entre l’intime et l’universel.
Le texte, tout en pudeur et en déchirure, a résonné dans la salle comme un chant de mémoire. Chaque mot semblait frapper une corde sensible, rappelant que les poètes, dans leur solitude, portent le monde sur leurs épaules.
Avec cette double proposition, la Fondation des Arts Vivants et son président, Noureddine Ayouch, ont su créer un espace où la parole retrouve son souffle et sa portée. Dans un monde bousculé, cette soirée aura offert un moment suspendu, où l’art se fait rempart, refuge et résistance.
Casablanca, le temps d’un soir, a été le théâtre d’une émotion partagée.

