Décès de Salma
La communauté TikTok marocaine est en deuil. Salma, jeune créatrice de contenu suivie par un million et demi de followers sur la plateforme, pour sa personnalité attachante et ses vidéos sincères, est décédée à l’âge de 25 ans. Une disparition brutale qui suscite une vive émotion sur les réseaux sociaux et relance, parfois de manière hâtive, les débats autour des opérations de chirurgie bariatrique.
Mais au-delà des raccourcis, le parcours de Salma mérite d’être reconstitué avec clarté et humanité.
Tout a commencé avec un grave accident qui l’a contrainte à une longue immobilisation. Souffrant de fractures au genou et à la cuisse, son état nécessitait l’usage d’un fauteuil roulant durant plusieurs mois. Les médecins avaient souligné la complexité de sa fracture fémorale et les risques qu’elle impliquait à long terme, notamment sur le plan cardiaque, en raison du déplacement de l’os.
@tipousalma2تهلو فصحتكم حيث ليم غذر بصح حمد الله على كل حال كبيدات ديالي ??❤️♬ son original – tïpôű salma famille ❤️?
C’est dans ce contexte médical lourd que Salma a été orientée vers une sleeve gastrectomie. Elle souffrait d’une obésité morbide qui compromettait ses chances de récupération, en particulier dans l’optique d’une rééducation post-traumatique. La perte de poids devenait alors un levier thérapeutique essentiel, et non une décision dictée uniquement par des raisons esthétiques ou sociales.
Après son opération, Salma avait commencé un processus de réhabilitation. Mais un mois plus tard, elle aurait subi un malaise et une

. Une phase de kinésithérapie avait été engagée, sans que les causes précises de ces complications ne soient, à ce jour, officiellement établies.
L’emballement médiatique autour de son décès évoque trop rapidement une relation de cause à effet entre l’intervention chirurgicale et sa mort. Or, aucun élément médical formel ne confirme à ce stade cette version. Ce qui est certain, en revanche, c’est que son état de santé était fragilisé par les suites de son accident, une condition qui aurait exigé une prise en charge complexe, multidisciplinaire et prolongée.
Salma n’était pas de celles qui exposent leur souffrance pour susciter la pitié. Si son parcours médical et personnel a été rendu public, c’est surtout parce que son entourage – notamment son mari – l’avait choisi ainsi. Et c’est encore lui qui, moins d’une minute après l’annonce officielle de son décès, est apparu en story, dans une mise en scène qui a choqué plus d’un, hurlant face caméra dans un moment que beaucoup ont jugé indécent.
Pourtant, au-delà de ce dérapage, Salma incarnait bien plus qu’un simple visage sur TikTok. Elle portait, malgré elle, les stigmates de l’obésité, du handicap temporaire, du regard social pesant. Son histoire, brutale et injuste, mérite d’être entendue autrement qu’à travers les filtres ou les cris. Elle soulève des interrogations légitimes, sur le système de santé, la chirurgie bariatrique, le poids du cyberharcèlement, mais appelle surtout à la retenue. Car certaines douleurs méritent d’être traitées avec pudeur, et certaines fins, respectées dans leur silence.


