À Fès, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a donné le ton d’une nouvelle phase de la réforme du système de santé en appelant à faire de la région Fès-Meknès un modèle national dans la mise en œuvre des Groupements Sanitaires Territoriaux (GST). Réuni à l’occasion du premier Conseil d’administration du GST régional, il a insisté sur le caractère stratégique de cette instance, appelée selon lui à dépasser la simple validation administrative pour devenir un véritable espace d’orientation et de pilotage des politiques de santé à l’échelle territoriale.
Dans son intervention, Aziz Akhannouch a replacé cette réforme dans la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, où la santé du citoyen, sa dignité et la consolidation de la protection sociale occupent une place centrale. Il a souligné que le lancement effectif du GST constitue une étape structurante dans la territorialisation du chantier de la réforme sanitaire, engagée pour rapprocher les services des citoyens et réduire les disparités entre régions.
Le Chef du gouvernement a rappelé que l’enjeu n’est pas seulement institutionnel, mais profondément concret. Le citoyen, a-t-il insisté, attend avant tout un accès fluide aux soins : des délais réduits pour les rendez-vous, une disponibilité réelle des médecins, un accès régulier aux médicaments, un accueil digne et un parcours de soins lisible. La réussite de la réforme ne sera donc pas mesurée uniquement à travers les infrastructures ou les budgets engagés, mais à partir de l’amélioration tangible de l’expérience des patients dans le système de santé.
Aziz Akhannouch a également mis en lumière les défis spécifiques de la région Fès-Meknès, qui conjugue poids démographique, héritage historique et rôle universitaire majeur, mais qui continue de faire face à des disparités territoriales marquées entre zones urbaines, rurales et montagneuses. Cette réalité confère, selon lui, une responsabilité particulière au Groupement Sanitaire Territorial, appelé à réorganiser l’offre de soins selon des principes d’équité, de complémentarité et d’efficacité.
Dans cette logique, il a plaidé pour une transformation du système régional en un ensemble intégré et coordonné, plutôt qu’une juxtaposition d’établissements isolés. Le parcours du patient doit être structuré de manière cohérente, depuis les centres de santé de proximité jusqu’aux hôpitaux provinciaux, puis vers le Centre Hospitalier Universitaire de Fès lorsque les besoins l’exigent, sans rupture ni retard injustifié.
Le rôle du CHU de Fès a été particulièrement mis en avant. Considéré comme un pôle médical en développement avancé, il est appelé à devenir la véritable locomotive du système sanitaire régional. Cette fonction englobe la formation, la recherche médicale, le développement des spécialités et la coordination des parcours de soins. Toutefois, cette dynamique ne peut produire ses effets que si elle s’inscrit dans une gouvernance collective impliquant l’ensemble des structures hospitalières et des établissements de santé primaires.
Le Chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une gouvernance fondée sur les données, la performance et la responsabilité. Le GST doit, selon lui, fonctionner comme une salle de pilotage régionale capable d’identifier les dysfonctionnements, d’orienter les ressources et d’assurer une répartition plus équitable des moyens médicaux. L’accent doit également être mis sur la modernisation des équipements, le renforcement des hôpitaux provinciaux, la digitalisation des services et l’amélioration continue des conditions de prise en charge.
Pour Aziz Akhannouch, la réforme du système de santé ne peut réussir sans un changement profond dans la manière de concevoir l’action publique sanitaire. L’investissement, a-t-il rappelé, n’a de sens que s’il se traduit par un service effectif, et la gouvernance ne prend sa valeur que lorsqu’elle produit des résultats mesurables sur le terrain.
Cette nouvelle étape marque une volonté affichée de faire de la région Fès-Meknès un laboratoire de la réforme sanitaire nationale, où la proximité des soins, l’équité territoriale et la performance du service public deviennent les piliers d’un système de santé plus intégré et plus efficace.


