Le réchauffement climatique provoqué par les activités humaines a atteint 1,37 °C en 2025 par rapport à l’ère préindustrielle, selon la dernière mise à jour des « Indicators of Global Climate Change » (IGCC), réalisée par un large consortium international de chercheurs. L’étude révèle également que le déséquilibre énergétique de la Terre a plus que doublé depuis la fin du XXe siècle, tandis que les vagues de chaleur marines se multiplient à un rythme sans précédent.
Selon les auteurs, la température moyenne mondiale observée sur la période 2016-2025 affiche désormais une hausse de 1,26 °C par rapport à la période 1850-1900, dont 1,24 °C directement attribuables aux activités humaines. Les scientifiques constatent que le rythme du réchauffement d’origine anthropique atteint désormais 0,27 °C par décennie, soit l’un des niveaux les plus élevés jamais enregistrés dans les relevés climatiques modernes.
Des émissions de gaz à effet de serre toujours à des niveaux records
Cette accélération s’explique principalement par la persistance d’émissions mondiales de gaz à effet de serre particulièrement élevées. Sur la décennie 2015-2024, elles ont atteint en moyenne 54,6 milliards de tonnes équivalent CO₂ par an, un record historique. Les chercheurs soulignent toutefois que la croissance des émissions de CO₂ semble ralentir, sans pour autant inverser la tendance actuelle.
L’étude estime que les émissions mondiales ont atteint 56,8 milliards de tonnes équivalent CO₂ en 2024, malgré le déploiement croissant des énergies renouvelables dans plusieurs régions du monde.
La Terre accumule de plus en plus de chaleur
Parmi les indicateurs les plus préoccupants figure le déséquilibre énergétique de la Terre (EEI), qui mesure l’écart entre l’énergie reçue du Soleil et celle renvoyée vers l’espace.
Les scientifiques constatent que cet indicateur est passé d’environ 0,40 W/m² entre 1976 et 1995 à 1,04 W/m² sur la période 2006-2025, ce qui signifie que la planète continue d’emmagasiner de la chaleur à un rythme croissant. Cette évolution est alimentée par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre ainsi que par la diminution de certains aérosols atmosphériques qui avaient jusque-là un effet refroidissant partiel.
Les auteurs soulignent que cette accumulation d’énergie contribue à l’élévation du niveau des mers, au réchauffement des océans, à la fonte des glaces et à la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes.
Les vagues de chaleur marines se multiplient
Autre signal fort relevé dans ce rapport : l’explosion des vagues de chaleur marines.
Les chercheurs indiquent que le nombre annuel de jours concernés par ces épisodes extrêmes a plus que triplé entre 1991 et 2025. Les océans ont enregistré un pic historique en 2024 avec une moyenne mondiale de 82 jours de vagues de chaleur marines, contre 65 jours en 2025 et seulement 36 jours en moyenne au cours de la décennie précédente.
Ces phénomènes affectent directement les écosystèmes marins, les ressources halieutiques, les récifs coralliens ainsi que certains régimes météorologiques terrestres. Ils constituent désormais un indicateur majeur de l’évolution rapide du climat mondial.
Montée des océans et seuil de 1,5 °C en ligne de mire
Le rapport met également en évidence l’accélération de la hausse du niveau moyen des mers. Depuis 1901, les océans se sont élevés de près de 23 centimètres, avec un rythme de progression nettement plus rapide au cours des dernières décennies.
Les projections des chercheurs indiquent par ailleurs que, si les émissions mondiales demeurent proches des niveaux actuels, le réchauffement d’origine humaine pourrait atteindre 1,5 °C autour de 2030, seuil emblématique fixé par l’Accord de Paris.
Une surveillance climatique jugée indispensable
Les auteurs rappellent que ces conclusions reposent sur l’analyse de plus de 40 bases de données internationales et insistent sur la nécessité de préserver les réseaux mondiaux d’observation du climat. Ils alertent notamment sur les risques liés à la réduction des financements destinés aux satellites, aux stations météorologiques et aux programmes scientifiques qui permettent de suivre l’évolution du système climatique.
À quelques années de la publication du prochain rapport d’évaluation du GIEC, cette mise à jour dresse le constat d’un réchauffement qui continue de s’intensifier et dont les principaux indicateurs convergent vers une même conclusion : la planète entre dans une phase de changement climatique de plus en plus rapide.

