À Tanger, la première édition du forum ELI Morocco a réuni plusieurs membres du gouvernement autour des enjeux structurants liés à l’investissement, à la gestion de l’eau et à la compétitivité territoriale. Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’événement a été marqué par l’intervention du ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, aux côtés de Ryad Mezzour, Fatima Ezzahra El Mansouri et Younes Sekkouri, ainsi que du président du forum, Nabil Baraka.
Dans son allocution d’ouverture, Nizar Baraka a mis en avant la dynamique soutenue des investissements publics au Maroc, passés de 240 milliards de dirhams en 2021 à 380 milliards en 2026, malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les fluctuations des prix de l’énergie et un climat d’incertitude économique. Cette trajectoire, a-t-il souligné, s’inscrit dans une volonté de renforcer les infrastructures nationales et d’accompagner la transformation économique du Royaume.
Le ministre a également longuement insisté sur la nouvelle politique de l’eau engagée par le Maroc, conçue en réponse aux épisodes successifs de sécheresse. Cette stratégie repose sur une diversification des ressources hydriques, incluant le développement des sources non conventionnelles et une meilleure optimisation de la gestion des ressources existantes. L’un des axes majeurs concerne le dessalement de l’eau de mer, présenté comme un levier stratégique pour sécuriser l’approvisionnement des populations et des activités économiques.
Selon les données avancées, la capacité liée au dessalement devrait connaître une évolution significative à l’horizon 2026, accompagnée par la réalisation de plusieurs stations dans différentes régions du Royaume, notamment à Rabat, Casablanca, Dakhla, Nador, Tanger, Guelmim et dans le Souss. Ces infrastructures seront alimentées exclusivement par des énergies renouvelables, une orientation qui vise à réduire les coûts de production et à inscrire cette politique dans une logique durable.

Au-delà du dessalement, la stratégie hydrique nationale repose également sur la réutilisation des eaux usées traitées, le renforcement des interconnexions entre bassins hydrauliques et la réorientation des eaux pluviales vers des usages optimisés. Cette approche intégrée vise à améliorer la résilience du pays face au stress hydrique et à garantir une gestion plus efficace des ressources.
Sur le plan économique, le ministre a mis en avant la performance du secteur portuaire marocain, devenu un pilier de la compétitivité nationale. Le port de Tanger Med, en particulier, s’impose comme une plateforme logistique de référence mondiale, avec plus de 11 millions de conteneurs traités et une place parmi les cinq premiers ports mondiaux en matière d’efficacité.
Dans la continuité de cette dynamique, les projets du port Nador West Med et du port de Dakhla Atlantique ont été évoqués comme des infrastructures stratégiques appelées à renforcer le positionnement du Maroc sur les routes commerciales internationales. Le futur port de Dakhla, en particulier, est présenté comme un point d’ancrage pour les échanges avec les pays du Sahel, en lien avec les grands projets structurants, dont le gazoduc Afrique-Atlantique reliant le Nigeria au Maroc.
Enfin, le ministre a souligné l’importance des nouveaux programmes de développement territorial intégré, axés sur le renforcement des infrastructures routières et la valorisation des territoires vulnérables. Ces dispositifs visent à améliorer l’attractivité économique des régions et à favoriser l’émergence d’investissements locaux durables, en s’appuyant sur les potentialités sociales et économiques propres à chaque territoire.
La rencontre de Tanger s’inscrit ainsi dans une trajectoire plus large de transformation structurelle, où la gestion de l’eau, les infrastructures portuaires et les politiques territoriales convergent pour soutenir un modèle de développement plus résilient et compétitif.

