Selon la nouvelle édition de l’étude mondiale de Deloitte consacrée à la génération Z et aux Millennials, les jeunes actifs redéfinissent leurs priorités professionnelles. Face à la hausse persistante du coût de la vie, aux difficultés d’accès au logement et à l’évolution rapide du monde du travail sous l’effet de l’intelligence artificielle, ces générations privilégient désormais la stabilité financière, le bien-être et le développement des compétences plutôt qu’une ascension hiérarchique à tout prix.
Réalisée auprès de plus de 22.500 répondants issus de 44 pays, l’enquête met en lumière une transformation profonde des attentes vis-à-vis du travail, du leadership et de la réussite professionnelle.
Le coût de la vie reste la principale préoccupation
Pour la cinquième année consécutive, le coût de la vie s’impose comme la principale source d’inquiétude pour les jeunes générations. Il est cité par 38 % des membres de la génération Z et 42 % des Millennials, loin devant d’autres préoccupations comme le chômage, la santé mentale ou les tensions géopolitiques.
Cette pression financière influence directement les projets de vie. Plus d’un jeune sur deux affirme avoir reporté des décisions majeures telles que le mariage, la création d’une entreprise, la poursuite d’études ou la fondation d’une famille en raison de sa situation financière.
L’accès au logement constitue également un obstacle majeur. Près de sept répondants sur dix estiment que le prix ou la disponibilité des logements influencent leurs choix de carrière et leur lieu de travail. Plus de la moitié des membres de la génération Z déclarent ne pas avoir les moyens d’acheter un logement, contre 40 % des Millennials.
Une ambition toujours présente, mais différemment exprimée
Contrairement à certaines idées reçues, les jeunes actifs ne renoncent pas à l’ambition. Ils redéfinissent simplement ce qu’ils considèrent comme une réussite.
L’étude révèle que seulement 6 % des répondants placent l’accès à un poste de direction parmi leurs objectifs professionnels prioritaires. Les principales raisons évoquées sont le risque de burn-out, la surcharge de responsabilités et la difficulté à préserver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Dans leur parcours idéal, 44 % des membres de la génération Z et 45 % des Millennials privilégient une progression régulière et durable plutôt qu’une succession rapide de promotions. Certains se disent même prêts à accepter un poste latéral ou moins prestigieux afin d’acquérir les compétences nécessaires à leur développement à long terme.
Pour autant, l’intérêt pour le leadership demeure élevé. À terme, 76 % des membres de la génération Z et 67 % des Millennials souhaitent occuper des fonctions de direction ou de management. Toutefois, ils attendent des organisations davantage de flexibilité, de transparence sur les parcours de carrière et de meilleures conditions de travail.
L’adaptabilité devient la compétence clé
Dans un environnement professionnel en constante mutation, l’apprentissage continu apparaît comme une nécessité.
Les deux générations considèrent l’éthique de travail, la collaboration, l’empathie, l’adaptabilité et la résolution de problèmes comme leurs principales forces. Pour l’avenir, elles souhaitent surtout renforcer leurs compétences en intelligence artificielle, leadership, communication, créativité et prise de parole en public.
Cette volonté de se former en permanence traduit une stratégie d’adaptation à un marché du travail où les compétences évoluent rapidement sous l’effet des nouvelles technologies et de l’automatisation.
L’intelligence artificielle s’impose dans le quotidien professionnel
L’adoption de l’intelligence artificielle connaît une progression spectaculaire. En 2026, 74 % des répondants de la génération Z et des Millennials utilisent déjà l’IA dans leur travail quotidien, contre un peu plus de la moitié un an auparavant.
Au-delà des gains de productivité, l’IA est utilisée pour identifier des opportunités de formation, obtenir des conseils de carrière ou encore gérer le stress professionnel. Une majorité estime qu’elle améliore la qualité du travail produit et favorise un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Cependant, un décalage apparaît entre l’appropriation de ces outils par les salariés et la préparation des entreprises. Près d’un tiers des répondants considèrent que leur organisation n’est pas prête aux transformations induites par l’intelligence artificielle, notamment en matière de formation, de gouvernance et de réorganisation du travail.
Une santé mentale en amélioration, mais une pression persistante
L’enquête met également en évidence une amélioration globale du bien-être psychologique. En 2026, 63 % des membres de la génération Z et 66 % des Millennials qualifient leur santé mentale de bonne ou très bonne, contre respectivement 52 % et 58 % l’année précédente.
Malgré cette progression, le stress demeure omniprésent. Les inquiétudes concernant l’avenir financier, les longues heures de travail, le manque de reconnaissance et la surcharge numérique figurent parmi les principales sources de pression. Près de 60 % des membres de la génération Z déclarent souffrir de fatigue numérique liée à la multiplication des plateformes et des notifications.
Les entreprises semblent néanmoins progresser dans leur prise en compte de ces enjeux. Une majorité des répondants estime désormais que leur employeur prend au sérieux les questions de santé mentale et de prévention du burn-out.
Le sens du travail devient un facteur décisif
Le rapport souligne enfin l’importance croissante de la quête de sens dans les choix professionnels.
Près de la totalité des personnes interrogées considèrent que le fait de trouver un sens à leur travail est essentiel à leur satisfaction professionnelle et à leur bien-être. Plus de quatre répondants sur dix déclarent avoir déjà refusé un employeur ou une mission en raison d’un désaccord avec leurs valeurs personnelles.
Les relations humaines jouent également un rôle central. Plus des deux tiers des répondants affirment avoir au moins un ami proche au travail. Ces liens favorisent non seulement le bien-être, mais aussi la fidélité à l’entreprise.
Une nouvelle définition de la réussite
Le rapport 2026 de Deloitte dessine le portrait de générations qui ne renoncent ni à leurs ambitions ni à leur carrière. Elles privilégient toutefois une approche plus mesurée, fondée sur la stabilité, le développement des compétences, la santé mentale et la cohérence entre vie personnelle et vie professionnelle. Dans un contexte marqué par les mutations technologiques et les incertitudes économiques, la réussite ne se mesure plus uniquement au titre ou au salaire, mais à la capacité de construire un parcours durable et aligné avec ses valeurs.

